ll y a presque 20 ans, jour pour jour, je me trouvais sur cette même place Saint-Pierre que je viens de quitter. Un dernier « à Dieu » à celui qui m’a donné le goût de la mission et qui est à l’origine de mon « réveil » spirituel.
C’était le jour des Rameaux 1985, durant la première rencontre internationale des jeunes à Rome. Encore étudiant, j’avais reçu un tract invitant les jeunes à participer à ce rassemblement. Des cars étaient notamment organisés par la communauté de l’Emmanuel. Je découvrais, émerveillé, la joie de la prière en communauté. Les témoignages de conversion de ceux qui étaient dans mon car me touchaient beaucoup. Ils me rappelaient comment Jésus avait touché mon cœur quelques années plus tôt.
À cette époque j’étais croyant et mon attachement au Christ devenait, secrètement, de plus en plus fort. Cependant je me méfiais de l’Église et de ses institutions qui me paraissaient très loin des désirs réels des jeunes, qu’ils soient humains ou spirituels.
Arrivé à Rome, je me trouvais au milieu d’une foule fervente, écoutant la méditation sur l’épisode biblique du jeune homme riche. Je trouvais cela fantastique. Le Pape nous invitait à donner notre richesse, c’est-à-dire notre jeunesse, à Jésus. Lors de ce rassemblement, il a ouvert sa fenêtre pour s’adresser à notre groupe francophone, et nous a notamment exhortés à être des témoins en France. Je crois que c’est à ce moment-là que le pape m’a littéralement « harponné ».
Je n’avais pas directement en tête la vocation sacerdotale mais j’ai senti, alors, qu’il fallait que je donne ma vie comme apôtre dans l’Église. Dès lors, j’ai aimé l’Église dans sa totalité et sans hésitation.
La découverte de la communauté de l’Emmanuel était déjà pour moi un beau signe : je savais qu’à l’intérieur de celle-ci je pouvais devenir missionnaire et donner ma vie.
Le responsable du car m’a proposé, pendant la route du retour, de participer au groupe de prière de Paris. C’était la première étape avant Paray-le-Monial où, cinq mois après, j’ai trouvé la joie de la miséricorde dans la confession. Puis, un peu plus tard, pendant un long temps de prière, je demandais au Seigneur comment rendre et redonner cette joie qu’Il me donnait depuis la fête des Rameaux. Une certitude m’est venue : celle de me donner entièrement au Christ par le sacerdoce.
Le Pape m’avait ouvert les bras de l’Église et c’était, dès lors, une joie d’y entrer en temps que serviteur et prêtre.
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