Pourquoi aller dans la rue ? La raison est simple. Il ne suffit plus de se tenir dans les églises pour faire connaître le Christ. Si nous voulons annoncer le Seigneur comme il nous le demande (cf. Mt 28, 19_20), il nous faut aller vers les gens là où ils se trouvent, c’est-à-dire aussi dans la rue. Ce faisant, nous n’inventons rien de neuf. Les apôtres ont évangélisé dans les rues et sur les places. Pensons à Paul à l’aréopage d’Athènes. Les saints l’ont fait également, comme François d’Assise, Antoine de Padoue, Dominique de Guzman ou François-Xavier…
Certains pourraient se demander s’il ne s’agit pas de prosélytisme. Le danger existe, mais à partir du moment où les évangélisateurs ne s’adressent qu’à ceux qui s’arrêtent et manifestent le désir d’en savoir plus, la liberté des personnes est pleinement respectée. L’homme d’aujourd’hui a le droit d’être informé sur les choses de Dieu, sur le salut apporté par le Christ. Le fait de mettre cette information à sa portée est le signe d’un grand respect. Comme le disait Jean-Paul II : « L’annonce et le témoignage du Christ, quand ils sont faits dans le respect des consciences, ne violent pas la liberté. La foi exige la libre adhésion de l’homme, mais elle doit être proposée parce que les multitudes ont le droit de connaître la richesse du mystère du Christ… » (Redemptoris Missio § 8)
L’évangélisation de rue est un acte gratuit, un signe de l’amour que les missionnaires portent à Dieu et à leurs semblables. Le but n’est pas de convaincre, mais seulement d’annoncer et de faire appel à la liberté de chacun pour répondre. Comme le disait si justement Bernadette au commissaire Jacomet de Lourdes : « La dame ne m’a pas dit de vous convaincre, elle ma dit de vous le dire ! » L’évangélisation de rue, comme toute évangélisation, est une mise en pratique de cette phrase de la voyante de Lourdes. Dans la conviction que seul Dieu est maître des cœurs.
Jean-Luc Moens
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