Quand je suis entrée dans la Communauté de l’Emmanuel, j’étais une jeune célibataire. Pour moi, cet état de vie n’était en aucun cas un obstacle à un tel engagement. Je me sentais appelée par Dieu comme personne unique. Les années ont passé. Je suis toujours célibataire mais je garde confiance dans le plan d’amour de Dieu. La vie communautaire m’aide à vivre ce célibat, transitoire je l’espère encore, en étant dans le monde mais pas du monde. Quand on lit la presse, on constate que les célibataires, si nombreux actuellement, sont pris entre deux attitudes : soit le repli sur soi et la solitude, source de beaucoup de souffrances ; soit la fuite dans l’activisme, professionnel ou dans des activités de loisirs assez désordonnées… La communauté m’a gardée de ces deux tentations en m’apportant fraternité, fécondité et espérance. La fraternité, vécue notamment dans les maisonnées et dans les services, m’a permis de tro u ver une autre famille. J’ai compris que chaque état de vie tra versait ses difficultés. J’ai expérimenté l’entraide entre personnes de différents états de vie. En tant que femme, c’est aussi une chance d’avoir des temps de partage avec des hommes avec lesquels on peut être en vérité, dans une relation sans ambiguïté. Leurs conseils sont précieux pour la célibataire que je suis ! De même, les moments d’accueil dans les familles sont une consolation et une guérison pour nous, célibataires, qui sommes parfois des «parents pauvres» dans nos propres familles. La communauté m’a donné de multiples occasions de fécondité. Les services auxquels j’ai pu participer au long de ces années m’ont fait comprendre que la fécondité n’est pas seulement biologique, que toute vie peut porter du fruit et que le Seigneur bénit et fait fructifier le don de nous-même. J’ai découvert que la grâce du célibataire est la liberté. Notre disponibilité nous fait développer nos activités dans de multiples directions et participer pleinement à l’évangélisation du monde. L’ accompagnement nous aide à veiller au respect de notre vie personnelle et particulièrement à notre besoin de relations, tout en donnant un sens profond à nos actions. C’est ainsi que je découvre progressivement ma vocation personnelle, indépendante de mon état de vie, ma façon unique de répondre à l’appel de Dieu. Enfin, ce chemin me fait grandir dans l’espérance. D’abord dans l’espérance sur moi - même. Les guérisons reçues ont changé mon regard et m’ont montré la «merveille que je suis» même si, pour certains, mon état de vie pourrait être considéré comme un échec. Mais, surtou t , le Seigneur m’a gardée dans l’espérance en m’accordant de vivre au jour le jour paisiblement de son unique Amour, sans préjuger de la suite de mon histoire … Aujourd’hui, j’ai le désir de communiquer cette espérance aux célibataires désabusés –et parfois même désespérés – que je rencontre. Et je me réjouis que la communauté soit aux avant-postes de l’évangélisation en organisant des activités spécifiques pour les célibataires ! Pour résumer, je reprendrai ces propos d’une autre célibataire de la communauté : Par grâce du Seigneur qui m’a appelée dans l’Emmanuel, je suis non pas heureuse d’être célibataire mais assurément une célibataire heureuse… Pâquerette
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