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Des colloques ... animés par la Communauté de l'Emmanuel
 

Ponctuellement, la communauté de l'Emmanuel organise
ou participe à l'animation de colloques :

- Paray-le-Monial et le Cœur de Jésus
- Les questions bioéthiques
- La nouvelle évangelisation
- Le couple et la famille
- etc ...

Les actes de ces colloques sont disponibles aux éditions de l'Emmanuel

Vous trouverez les dates de ces colloques dans l'agenda ci-contre.



Quatrième colloque de Rome

Paroisses et nouvelle évangélisation

L’apport des mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés

Organisé par la Communauté de l’Emmanuel,
en collaboration avec l’Institut Pontifical Redemptor Hominis, Rome


Salle 4ème colloque de RomeLe colloque s'est tenu les 30, 31 janvier et 1er février 2008 à Rome. Nous publions ici l'intervention de conclusion de Jean-Luc Moens.


Le moment est venu de conclure ce colloque, si riche en interventions et partages de toutes sortes. Je ne vais pas essayer de résumer ici tout ce qui a été dit. Je voudrais simplement souligner quelques points qui m’ont paru importants et qui, je le crois, font partie des lignes directrices que ce colloque propose pour l’avenir.


Le père Yves Le Saux, dans les débats, a regretté que les chrétiens ne réfléchissent pas assez. Or, justement, c’était un des objectifs de ce colloque de s’arrêter et de réfléchir sur ce que nous faisons, comment et pourquoi nous le faisons. Il est important de réunir réflexion et praxis missionnaire. Nous devons aussi utiliser l’intelligence que Dieu nous a donnée pour améliorer nos actions, les corriger les adapter aux situations nouvelles qui sont celles de notre temps.

Mgr Malcolm RanjithCardinal Camillo Ruini
Mgr Malcolm Ranjith,
secrétaire de la Congrégation pour le culte divin (Rome)
Cardinal Camillo Ruini,
Cardinal vicaire du St Père pour le diocèse de Rome

Un second point à souligner me paraît l’insistance unanime de tous les intervenants pour souligner la nature missionnaire de la paroisse. Celle-ci s’enracine, comme l’a expliqué Mgr Malcolm Ranjith, dans la nature même de l’Église : « L’Église n’existe que si elle évangélise et ceci est également vrai pour la paroisse. Si la paroisse n’évangélise pas, elle n’est plus qu’un bâtiment. » Or, force est de constater que, dans beaucoup de cas, la paroisse n’est pas encore ce lieu missionnaire qu’elle devrait être. Elle est, pour reprendre l’expression de Don PiGi Perini, fondateur du système des Cellules d’évangélisation en Europe, un « géant endormi ». C’est pourquoi un mot est revenu très souvent pendant ce colloque : le mot de changement. Un changement, une conversion sont nécessaires. Comme l’a dit le cardinal Camillo Ruini, il nous faut « prendre ce grand tournant qui est la conversion missionnaire de notre pastorale ».

Un troisième élément me semble devoir être souligné. Nous avons vécu une expérience de communion missionnaire : communion avec les représentants de la hiérarchie qui sont venus nous parler, mais aussi une grande unité entre toutes les sensibilités représentées. Je voudrais citer un exemple, particulièrement significatif à mon sens. Nous avions la joie de voir réunis pour la première fois trois acteurs marquants de l’évangélisation en paroisse : Don PiGi Perini (système des cellules d’évangélisation), le révérend Nicky Gumbel (parours Alpha) et José Prado Flores (KeKaKo – écoles saint André). On sait que ces différentes méthodes portent beaucoup de fruits dans l’évangélisation aujourd’hui. Mais en même temps, aucune d’elle n’est un absolu. Quel témoignage lorsque Don PiGi lui-même nous a expliqué que dans sa paroisse milanaise de Sant’Eustorgio, il utilise aussi Alpha et KeKaKo et que chacune de ces méthodes se complète pour féconder toute la vie paroissiale ! Son témoignage et celui de beaucoup d’autres manifestent que c’est dans la communion et la complémentarité des charismes que ce fera la nouvelle évangélisation !


 Cardinal Christoph Schönborn Rev. Nicky Gumbel
 Cardinal Christoph Schönborn,
archevêque de Vienne
 Révérend Nicky Gumbel,
responsable d'Alpha - international

« Tout cela est bien beau, me disait un participant le matin du dernier jour. Mais dans ma paroisse, c’est vraiment dur. Je ne vois pas comment changer les choses… Je ne vois pas non plus comment les mouvements et nouvelles communautés peuvent m’aider dans ma paroisse ! Répondra-t-on à cette question qui est le thème de notre colloque ? » Heureusement, ce matin-là, le professeur Guzman Carriquiry a dégagé les grandes lignes de l’apport des mouvements et communautés dans les paroisses. Évidemment, il ne s’agit pas de recettes magiques à effet immédiat, mais une grande espérance s’en dégage néanmoins. Il me semble pour ma part qu’on pourrait modifier légèrement la comparaison de Don PiGi. Au lieu de comparer la paroisse à un géant endormi, je préfèrerais voir en elle un ours en hibernation. Qu’est-ce qui fait sortir un ours de son hibernation ? C’est le printemps. Or nous nous sommes rappelé, pendant ce colloque, la parole de Jean-Paul II annonçant l’arrivée d’un nouveau printemps missionnaire pour l’Église. Les mouvements et communautés nouvelles font partie de ce printemps, ils sont ces surprises de l’Esprit Saint pour notre temps. Ce printemps est en train d’arriver et nous constatons – nous en avons eu de multiples témoignages – que certains ours sortent de leur hibernation. Ils ont été sensibles au changement de température plus vite que les autres… et ils se mettent à évangéliser. D’autres vont suivre, cela est certain…

En quoi, nous qui sommes présents à ce colloque, pouvons-nous participer à ce « réchauffement printanier de l’atmosphère » ? Il me semble qu’il y a quatre points bien particuliers qui ressortent de ce que nous avons entendu pendant ces trois jours : la conversion, la vie communautaire, les actions transversales et, enfin, le courage et l’audace.

Don PiGi PeriniJose Prado Flores
Don PiGi Perini,
fondateur des cellules d'évangélisation en Europe (Milan)
José Prado Flores,
fondateur des écoles d'évangélisation Saint André (Mexico)

Beaucoup de ceux qui sont intervenus pendant ce colloque ont insisté sur leur propre démarche de conversion. C’est elle qui a tout changé ! Rappelez-vous les témoignages de don PiGi, de José Prado Flores, de Mgr Sigurani, de don Ezechiele Pasotti… L’expérience de la rencontre avec le Christ est à la base de toute évangélisation. C’est lui qui a l’initiative de la mission. C’est la rencontre avec lui qui transforme un « chrétien light » en missionnaire ardent. Cette expérience de conversion, de rencontre décisive avec le Christ est un point commun qui unit les mouvements et nouvelles communautés. Certains, liés au Renouveau Charismatique, l’appellent effusion de l’Esprit Saint. D’autres, comme Don Giussani, fondateur de Communion et Libération, parlent de la surprise de l’avènement du Christ. Mais ne s’agit-il pas, en définitive, d’une même expérience de conversion ? En vivant cette expérience, en la proposant autour de nous, nous hâtons la venue du nouveau printemps que nous attendons. Cette expérience n’est pas réservée aux seuls laïcs. Elle est aussi pour les prêtres, comme nous avons pu le voir pendant ces trois jours. Ainsi peut se réaliser le vœu du cardinal Christoph Schönborn qui nous confiait : « J’attends des prêtres qu’ils aient un amour passionné de Jésus Christ, et un amour passionné des hommes. »

Professeur Guzman CarriquiryPère Yves Le Saux
 Professeur Guzmán Carriquiry,
sous-secrétaire du Conseil Pontifical pour les Laïcs (Rome)
 Père Yves Le Saux,
responsable des ministères ordonnés, Communauté de l’Emmanuel

Il ne faut pas croire que la conversion, l’effusion de l’Esprit Saint sont des expériences extérieures à la vie des paroisses. Comme le rappelait opportunément Mgr Pietro Sigurani, chaque eucharistie – et les paroisses sont des communautés eucharistiques ! – est une véritable effusion de l’Esprit, et cela est d’autant plus perceptible que le culte eucharistique est célébré avec force, intensité, respect, crainte joyeuse de Dieu à qui sont dus  « tout honneur et toute gloire ». « Il faut des prêtres qui y croient et qui le manifestent », concluait avec émotion Don Pietro.

Cela peut sembler utopique de croire qu’une expérience de conversion puisse se répandre dans le monde d’aujourd’hui qui, dans bien des cas, a l’air si loin du Seigneur. Et l’on peut se demander en quoi ma petite conversion peut changer quelque chose… Cet esprit de défaitisme n’est pas chrétien. Il ne faut pas oublier, comme cela nous a été rappelé par le père Francis Manoukian, que tout a commencé avec seulement 12 apôtres dont Jésus s’est occupé pendant 3 ans. Tant que nous serons 12, disait un jour avec humour un prélat de la Congrégation du Clergé, il y aura de l’espoir. Le cardinal Suenens, en son temps, invitait les chrétiens à quitter la mentalité de la goutte d’eau dans l’océan qui se sent incapable de changer quoique ce soit pour revêtir l’espérance chrétienne que l’on peut comparer à l’étincelle dans une forêt asséchée. Une goutte d’eau et une étincelle ont la même grandeur, mais l’une ne peut rien, alors que l’autre peut enflammer toute la forêt et devenir un feu inextinguible !

Mgr Pietro SiguraniProfesseur Libero Gerosa
Mons. Pietro Sigurani,
curé de la paroisse Natività di Nostro Signore Gesù Cristo (Rome)
Professeur Libero Gerosa,
recteur de la faculté de théologie de Lugano (Suisse)

Un second apport des mouvements et communautés nouvelles est leur dimension communautaire. La solitude des personnes – et même des prêtres – a été maintes fois soulignée pendant ce colloque. Les paroisses sont appelées à devenir des foyers rayonnants de vie communautaire. C’est cela qui les transformera en pôles missionnaires. Les nouvelles réalités qui surgissent dans l’Église actuelle ont aussi en commun l’insistance sur la vie fraternelle, la découverte que l’évangélisation est plus forte, plus crédible quand elle est vécue par un groupe de personnes qui vivent une vraie vie fraternelle. C’est ce que Jésus lui-même avait annoncé quand il avait dit à ses disciples : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn 13, 35) ou encore « Que tous soient uns pour que le monde croie » (cf. Jn 17, 21).

Une autre contribution des mouvements au nouveau printemps de l’Église est ce que j’appellerais « leurs activités transversales ». De quoi s’agit-il ? Tous les mouvements et communautés nouvelles organisent leurs propres apostolats, le plus souvent en dehors des paroisses. Et pourtant, ce sont les paroisses qui en sont les premières bénéficiaires. Permettez-moi de prendre un exemple pour expliquer cela. Chaque année, plus de 20 000 personnes viennent aux sessions  internationales d’été de Paray le Monial. Qui en bénéficie en premier ? Évidemment les participants eux-mêmes qui sont renouvelés dans leur foi et souvent font cette expérience bouleversante d’une nouvelle rencontre avec le Christ. Mais une fois la session terminée et leur cœur renouvelé, où vont-ils ? Dans les paroisses ! Ce sont donc les paroisses qui bénéficient en premier lieu du travail missionnaire des mouvements et communautés. Ce faisant, ils leur apportent une aide importante et souvent peu prise en compte !

Un dernier point se dégage de nos débats. Il est apparu clairement que la situation de beaucoup de diocèses et de paroisses – en tout cas en Europe – est de plus en plus difficile : baisse régulière de la pratique religieuse, désaffection à l’égard de la formation catéchétique, vieillissement de la population qui fréquente les célébrations, crise des vocations sacerdotales, sécularisation, etc. Pour faire face à cette situation, les responsables de l’Église ont besoin de courage et d’audace. Ils ne peuvent pas se laisser gagner par le découragement. Que pouvons-nous faire pour les aider dans leur rôle de pasteurs ? Il me semble que nous pouvons apporter un soutien précieux en vivant nous-mêmes une nouvelle audace missionnaire et en défrichant de nouvelles voies pour l’évangélisation. Dans son témoignage, Otto Neubauer nous a montré les fruits de cette audace qui ose aller à la rencontre de toutes les personnes, même de celles qui paraissent les plus éloignées de la foi. Cette audace nécessite du courage. Les mouvements et communautés nouvelles peuvent être dans laboratoires d’expérimentation missionnaire au bénéfice de toute l’Église.

Beaucoup de questions ont été évoquées au cours des débats sans que nous ayons pu prendre le temps de les approfondir. La matière ne manque donc pas pour un éventuel futur  cinquième colloque de Rome !

Renseignements : colloques@emmanuel.info

 
   
Agenda
2ème rassemblement international des médecins, chirurgiens et étudiants en médecine
Du 2009-03-27 au 2009-03-29
Paray-le-Monial
18ème Forum Chrétien de la Vie Active et Culturelle
Du 2009-04-30 au 2009-05-03
Paray-le-Monial (71) France
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