Écossais, catholique mais peu fervent, j’ai 17 ans quand, à l’occasion d’une confession, je comprends que je suis profondément aimé de Dieu et qu’Il est là, sans cesse à mes côtés. Cette redécouverte me donne une joie profonde et durable. Au lycée, des amis de classe font, eux aussi, une expérience forte de Dieu. Certains se sentent alors appelés au sacerdoce mais rien en ce qui me concerne : je suis un étudiant heureux. Je vais à lamesse en semaine, je lis la Bible, je prie tous les jours, un peu au départ, ensuite plus longuement… Je sais que Dieu est proche et j’apprends à reconnaître sa présence aussi dans les événements, les personnes rencontrées ou les phrases retenues d’une homélie.
Entré à l’Université, survient de temps en temps, la question de la vocation mais je n’y trouve pas de réponses particulières. Je sais que Dieu est là et m’accompagne. Cela me suffit. Mes études terminées, je quitte l’Écosse pour l’école d’évangélisation de Paray-le-Monial. J’y vais pour mieux connaître le Christ et pour donner du temps à Dieu. Je demande au Seigneur la grâce de m’abandonner à ce que j’ai à vivre durant cette année, sans être agité par des questions de vocation et de la suite. Au moment de Pâques, à table avec des amis, nous abordons le sujet de notre avenir. C’est alors que je commence à évoquer, pour la première fois, la question de la vie consacrée.
L’idée m’est totalement nouvelle mais est paisible, puis prend de plus en plus de place : Dieu faisait quelque chose de neuf en moi ! Cependant, je préfère attendre avant de me lancer dans la vie consacrée. À l’Ascension, voyant de loin un couple, père et mère de famille, que je connais, je me dis : « Que c’est beau le mariage !» Vers la Pentecôte, lors d’une messe, je m’entends dire : « Ça serait beau d’être prêtre », et dans un même mouvement de coeur, «mais pour toi, ce sera autre chose ». À ce moment-là, j’aurais pu dire oui à tout pour le Seigneur, et voilà l’encouragement que j’attendais : la vie consacrée ne serait pas pour moi le refus d’une autre voie, mais vraiment la meilleure chose, un choix positif. Quelques années plus tard, expliquant que ma vraie joie de consacré dans le célibat est d’être avec Dieu, d’expérimenter sa présence dans le quotidien et de porter autour de moi l’amour de Jésus qui aime comme un frère, je me suis rappelé cette première rencontre avec Dieu faite à 17 ans. Ce même élan m’habite toujours.
Philip
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