Je suis le dernier d’une famille de six enfants. La première
fois que j’ai pensé à être prêtre, ce devait être vers 11 ans. Dans mon
collège, on nous avait passé un film sur un missionnaire. Je suis rentré chez
moi en disant à ma mère : « Plus tard, je serai missionnaire ! » Elle me prit
au sérieux et me répondit : « Tu sais, c’est difficile ! »
À 12 ans, premier grand choc de ma vie : mon frère aîné, qui
était aussi mon parrain, meurt d’un accident de scooter. Il avait 16 ans de
plus que moi, et son rayonnement discret était profond. À la maison, l’ambiance
se charge de pleurs, les liens se resserrent, la foi devient plus vitale.
Un peu avant avait commencé une passion : j’étais entré à la
Manécanterie des Petits Chanteurs. Trois répétitions par semaine, c’est
exigeant, mais c’est exaltant. Le chant élève l’âme, surtout quand il s’agit
d’œuvres grégoriennes ou baroques. Certains deviennent prêtres grâce au service
de l’autel… moi je n’ai su servir la messe qu’une fois séminariste ! Par
contre, la « Mané » a été pour moi une vocation avant l’heure.
Vers 15 ans, je pars un an dans un collège en Autriche.
C’est une expérience assez rude : je passe du cocon familial à un pensionnat
d’adolescents parlant une autre langue et le plus souvent en dialecte… Mais
c’est aussi une grâce de dépouillement, qui me fait perdre une bonne partie de
ma suffisance.
En Terminale, je suis marqué par la lecture de vies de
saints. Attiré, je me mets (vraiment) à prier. Et je perçois de plus en plus
l’appel à vivre pour le Seigneur, quelle que soit la forme que cela prendra.
Cependant la vocation n’est pas encore précise.
Je commence une école d’ingénieur, j’y fonde un petit groupe
de prière (de partage), puis un autre (de louange), puis un troisième
(d’adoration)… Des amis me surnomment « le fayot du Bon Dieu », en raison de mes
succès – pas toujours mérités – aux examens.
Parallèlement, je chemine dans l’Emmanuel, avec des frères
se préparant au sacerdoce – les tout premiers ! Pourquoi chercher plus loin ce
que le Seigneur me sert sur un plateau ? Je trouve la joie dans cette vie un
peu folle faite de prière, d’évangélisation, d’ouverture aux surprises de
l’Esprit…
Aujourd’hui, heureux prêtre en paroisse et chargé de la
formation des laïcs dans le diocèse de Marseille, je remercie le Seigneur pour
la beauté évangélique de cette Église,… et de sa région: le soleil, la mer,
les calanques et leurs rochers d’escalade !
Témoignage
paru dans Il est vivant ! le mensuel de la nouvelle évangélisation <http://www.ilestvivant.com/>
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