Jusqu’à l’adolescence, ma vie chrétienne se résumait à
participer à la messe une fois par mois, lorsque la chorale à laquelle
j’appartenais chantait. Ce qui restait à l’époque de mes années passées au
catéchisme me semblait bien pauvre... Un
événement douloureux bouleversa toute ma vie.
Alors que j’avais tout juste 15 ans, mon père mourut à la
suite d’une rupture de l’aorte. Cette mort brutale et inattendue me laissa
effondré, sans force, sans espoir… À un âge où ma foi était déjà bien fragile, cet événement
lui fut, semble-t-il, fatal. Ce Dieu que l’on nommait Amour ne pouvait exister,
ou s’il existait, il ne pouvait être celui qu’il prétendait être. Cette révolte
me laissa finalement sans Dieu. Je me trouvais alors seul, avec les nombreuses
questions que déjà l’adolescence suscite, mais que la mort de mon père rendait
cruciales. Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que la mort ? Qu’est-ce que l’amour
? Pourquoi suis-je ici, en ce monde ?
Pendant longtemps, nombreuses furent les questions qui
restèrent sans réponse, et devant le vide de sens de ma vie, la mort n’avait
pas un visage si effrayant… Pourtant, dans les ténèbres de mon « angoisse
existentielle », brillait une lumière. J’avais autour de moi des gens qui
m’aimaient : ma mère, mon frère, des amis. Petit à petit, s’imposa alors à moi
que la seule chose réellement importante dans la vie, c’était l’Amour. À partir
de ce moment, il fut pour moi l’objet d’une quête… Cette quête de l’amour ne me
laissa pas sans blessures. Car si la soif était grande, ma misère et mon péché
me firent goutter l’amertume de l’éphémère.
L’évangile du jeune
homme riche
À peu près à la même époque, un peu par hasard, j’ouvris une
Bible et je fus séduit par la personne encore lointaine et mystérieuse de Celui
qu’on appelait Jésus. Peu à peu, chaque soir avant de me coucher, je pris
l’habitude d’ouvrir le Nouveau Testament et de le lire. Je ne priais pas, je
méditais! Je trouvais comme un réconfort dans les paroles et les agissements de
cet homme. Il était comme une lumière qui donnait sens à certaines des
questions qui m’habitaient encore.
Un soir qui aurait pu être un soir comme les autres, toute
ma vie fut chamboulée. Au cours de la lecture de la rencontre de Jésus et du
jeune homme riche (Marc 10), je fis une expérience spirituelle bouleversante.
J’étais celui que le Christ aimait et qu’il appelait à tout quitter pour le
suivre. Cet amour que je cherchais n’importe où, n’importe comment, se révélait
à moi dans une plénitude qui m’appelait en retour à me livrer sans peur.
C’était comme si un voile m’était retiré des yeux ; je pouvais voir que Dieu
m’aimait, qu’il n’avait jamais cessé de m’aimer…
J’avais 17 ans et, chaque soir, cette question du sacerdoce
me revenait, comme une invitation toujours plus pressante. Mais je combattais :
mes projets étaient tout autres…
Puis un jour, je compris que c’était la voie que Dieu me
proposait pour être pleinement heureux.
Je fis la démarche d’en parler à un prêtre. Celui-ci me
proposa de cheminer afin d’approfondir cet appel. Ainsi, pendant un peu plus de
deux ans, j’entrepris avec ce prêtre un itinéraire spirituel, marqué de
rencontres régulières, une reprise forte de la vie ecclésiale. C’est ainsi
qu’ensuite j’allais pour une année de discernement à la maison Saint- Augustin
pour entrer, ensuite, au séminaire à Paris.
J'ai été ordonné prêtre en 1999, et c'est ma joie!
Témoignage
paru dans Il est vivant ! le mensuel de la nouvelle évangélisation <http://www.ilestvivant.com/>
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