Éric Célérier : « Le Renouveau charismatique catholique nous interpelle, nous autres pentecôtistes »

Fondateur du portail évangélique Topchrétien et de la newsletter « Un miracle chaque jour », le pasteur pentecôtiste français Éric Célérier a participé, samedi 3 juin, à la rencontre d’une centaine de protestants de toutes dénominations et de juifs messianiques avec le pape François à Rome, à l’occasion du Jubilé du Renouveau charismatique catholique. Céline Hoyeau l’a interviewé pour La Croix et nous a autorisé à publier ici cette interview.

Quel est le sens de votre visite à Rome ? C’est plutôt inattendu pour un pasteur pentecôtiste…

Éric Célérier : Je suis venu à Rome parce que j’étais invité par la communauté de l’Emmanuel, et j’étais intéressé de découvrir le Jubilé du Renouveau charismatique catholique. J’ai été marqué lors de la veillée, vendredi soir, au Cirque Maxime, par les témoignages de ces catholiques, aujourd’hui âgés, qui ont reçu il y a cinquante ans « l’effusion de l’Esprit » et se sont mis à pratiquer les charismes, le chant en langues, les prophéties… Au cirque Maxime, nous chantions les mêmes chants et plusieurs personnes qui ont témoigné ont dit avoir été influencées par le livre La croix et le poignard, de David Wilkerson, qui est très populaire dans les milieux évangéliques et que j’ai connu personnellement. Cela m’a interpellé. Il y a cinquante ans, nous autres pentecôtistes étions critiqués par les autres protestants pour cela-même, or, depuis, cette effusion de l’Esprit a été répandue sur 120 millions de catholiques dans le monde… C’est nous, les pentecôtistes, que cela interroge, du coup ! Dieu ne nous a pas demandé la permission pour envoyer son Esprit Saint aux catholiques.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’œcuménisme, selon vous ?

Personnellement, je ne suis pas un œcuméniste, ce que je cherche, ce sont les relations. Je préfère parler d’unité. L’œcuménisme, c’est plus institutionnel, des religions qui se parlent – et c’est bien qu’elles se parlent. L’unité, ce sont des gens qui ont un même esprit, un même cœur. Quand je suis avec des personnes qui aiment Jésus, peu m’importe si elles sont catholiques ou évangéliques. Moi-même je n’étais pas là pour représenter une institution.

À mes yeux, ce sont les relations qui priment et le pape François, qui a entretenu des relations avec les pentecôtistes en Argentine, a permis cette ouverture. J’ai pu participer à l’audience privée avec lui où j’ai eu la surprise de revoir des amis comme Nick Hall, un évangéliste très connu aux États-Unis, ou encore Boppy, le directeur de Campus pour Christ en Suisse. Quelque chose de nouveau est en train d’émerger, un mouvement nouveau qui transcende les étiquettes. Dieu cherche un peuple qui l’aime, Lui, et qui aime son prochain. En France, nous avons besoin de cette ouverture pour atteindre notre pays avec l’Évangile.

Recueilli par Céline Hoyeau, à Rome
 
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