En Allemagne, le blog qui a amélioré l’image des prêtres

Le blog « Valerie et le prêtre » a suscité un intérêt inattendu outre-Rhin. Durant un an, une journaliste a suivi le quotidien du Père Franziskus von Boeselager, prêtre de la Communauté de l’Emmanuel, dans le but de comprendre son choix de vie. D’autres expériences similaires vont suivre. Nous avons été autorisés à publier ici l’article de Delphine Nerbollier pour le journal La Croix

« Valerie et le prêtre » vient de s’achever. Après une année passée aux côtés du Père Franziskus von Boeselager, Valerie Schönian a posté le 19 mai son dernier article sur son blog (valerieundderpriester.de). Cette journaliste de 26 ans tire un bilan, tout en délicatesse, sur cette année durant laquelle elle « a cherché à comprendre Franziskus », « voir le monde à travers ses yeux » (voir aussi La Croix du 12 décembre 2016). Berlinoise, féministe et sans lien avec l’Église catholique, elle a suivi ce prêtre dans son quotidien, assisté aux messes et à des enterrements, l’a accompagné à Rome et en Pologne, pour les journées mondiales de la jeunesse.

Un an après, elle affirme n’être devenue « ni croyante ni catholique » mais avoir compris « ce que la foi peut apporter ». « J’ai compris que devenir prêtre a un sens » explique-t-elle, avec un sourire, lors d’une rencontre dans la commune de Roxel, près de Münster, où officie le Père von Boeselager. « Ni lui ni moi n’avons en revanche réussi à convaincre l’autre », avoue-elle. Des thèmes tels que l’homosexualité, la place des femmes ou l’avortement ont souvent été source d’incompréhension et parfois de tension entre eux. « J’ai néanmoins compris que l’on peut s’entendre avec une personne sans partager ses opinions, à condition de ressentir de la sympathie pour elle », résume Valerie Schönian.

« L’image des prêtres dans la société reste réduite à des clichés »

Le Père Franziskus von Boeselager, membre de la communauté de l’Emmanuel, tire lui aussi un bilan positif de cette année. « Il y a un vrai besoin de la part du public de comprendre ce qu’est notre vie », explique cet homme de 39 ans au regard bleu. « Mes paroissiens se sont intéressés au blog de Valerie, à ce qui se passe en coulisses. Cette expérience a été exemplaire, même si l’image des prêtres dans la société reste réduite à des clichés. L’Église allemande a fait preuve de courage en lançant ce projet. Elle ne savait pas ce que j’allais dire ni faire », reconnaît-il.

Le contrat est également rempli du point de vue de la Conférence des évêques d’Allemagne, à l’origine du blog. « Le but n’était ni de convaincre ni de faire du prosélytisme mais d’apprendre à connaître un prêtre et de montrer qu’il mène une vie normale, emplie de satisfactions mais aussi de contraintes », explique le Père Michael Maas, directeur du centre de formation pastorale de Fribourg.

60 000 lecteurs assidus

Le succès a en effet été au rendez-vous du côté du public. 60 000 personnes, en majorité des femmes âgées de moins de 35 ans, ont lu chaque mois le blog. 16 000 se sont abonnées à sa page Facebook, confirmant la fascination que suscite une vie « basée sur la renonciation », « sans femme, sans dimanche chômé, sans sexe », comme le décrit Valerie. « Ce projet a fasciné autant des personnes engagées dans l’Église que des non croyants », constate le père Michael Maas.

Cette expérience contribuera-t-elle à modifier l’image des prêtres catholiques dans un pays où les sorties d’Église se sont accélérées ces dernières années, notamment après les révélations, en 2010, d’affaires de pédophilie ? « Ce projet n’est pas une réaction directe à ces affaires mais il participe aux efforts pour améliorer l’image de l’Église », reconnaît le père Michael Maas. « Nous faisons de notre mieux », note-t-il.

La Conférence épiscopale allemande a déjà d’autres projets similaires en vue, sur des périodes plus courtes. Le prochain débutera en juin autour de la sœur Sigrid Ehrlich qui s’engage, à Francfort, auprès des sans-abri. Valerie Schönian, elle, va poursuivre son métier de journaliste, à Leipzig, tout en se plongeant dans l’écriture d’un livre consacré à cette année « unique ».

Delphine Nerbollier, à Roxel, pour La Croix

Articles récents

Le CECYDAR fête 25 ans à sortir les enfants de la rue – Photos des célébrations

Le Centre Cyprien et Daphrose Rugamba au Rwanda fêtait ses 25 ans le 02 septembre 2017. Retour en photos sur ...

La Communauté de l’Emmanuel partage son désir au Congrès Mission

Du 29 septembre au 1er octobre 2017, la Communauté de l’Emmanuel co-organise le Congrès Mission. Pourquoi cela ? Bertrand Schmitt ...

Guinée : le dispensaire Saint Gabriel fête ses 30 ans avec le Cardinal Sarah – reportage

Le 9 septembre 2017, le dispensaire Saint Gabriel, en Guinée Conakry a fêté les 30 ans de sa fondation par ...

Best of photo des sessions de Paray 2017

Vous avez vécu une session à Paray cet été ? Retrouvez ici une sélection des meilleures photos des sessions. Session ...

Dieu n’est pas mort – en salles le 20 septembre

Le 20 septembre prochain, le film Dieu n’est pas mort sort en salles. Un débat haletant sur l’existence de Dieu, ...

Ils découvrent la joie de la Croix Glorieuse

La Croix Glorieuse est un service de la Communauté de l’Emmanuel qui permet aux personnes éprouvées de porter de bons ...

FAIRE UN DON DONNER