Jésus a promis aux disciples l’Esprit Saint. Quel changement est-il venu apporter dans le cœur des disciples ? Et comment le comprendre au travers du discours de l’apôtre Pierre à la foule ?

La promesse de Jésus

 

Avant sa passion, sachant qu’il allait les quitter, Jésus a promis à ses disciples de ne pas les laisser orphelins : « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet , pour qu’il soit avec vous à jamais… Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière » (Jean 14, 16 et Jean 16, 13). Après sa résurrection, Jésus a renouvelé sa promesse : « Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut. » (Luc 24, 49) Ou encore : « Jean, lui, a baptisé avec de l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours. […] Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1, 5 et 8).

Les disciples ont obéi à Jésus. Ils sont demeurés à Jérusalem, et après l’Ascension du Seigneur, ils sont restés en prière au Cénacle : « Rentrés en ville, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement. C’étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée et Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec ses frères » (Actes 1, 13-14). Saint Luc, l’auteur des Actes des Apôtres, souligne plusieurs points importants : les apôtres priaient assidûment ; ils étaient unis dans cette prière avec Marie, mère de Jésus ; c’est au cœur de cette prière et de cette communion qu’un événement extraordinaire fait irruption dans leur vie.

La Pentecôte

« Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Actes 2, 1-4)

L’Esprit Saint fait irruption avec force. Il s’agit d’un « violent coup de vent » qui fait tellement de bruit qu’une grande foule – « une multitude », dit le texte (Actes 2, 6) – se rassemble devant la maison par curiosité. Le récit signale tout d’abord que le bruit remplit toute la maison, avant que le feu ne se sépare en langues qui reposeront sur chacun des occupants du Cénacle. Ceci signifie qu’avant d’être un don personnel, l’onction de l’Esprit Saint est donnée en plénitude à l’Église tout entière. C’est elle qui, en premier lieu, en est toute remplie. Toute effusion de l’Esprit procède du don fait par Dieu à son Église.

Le don de l’Esprit surabonde et tous les occupants de la maison sont finalement « remplis de l’Esprit Saint ». Marie aussi est remplie d’Esprit Saint, alors qu’il l’habite de façon particulière depuis l’Annonciation où il l’a prise sous son ombre (cf. Luc 1, 35) afin qu’elle conçoive en son sein le Fils de Dieu. Les apôtres, de leur côté, sont transformés par l’effusion de l’Esprit. Alors que, depuis la passion du Christ, ils étaient tremblants et craintifs ; alors que, pendant la vie publique de Jésus, ils étaient « lents à comprendre » (cf. Luc 24, 25), les voilà qui deviennent audacieux, intrépides et clairvoyants pour annoncer la Bonne Nouvelle. Ils se mettent à parler en d’autres langues et tous, « Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes » (Actes 2, 9-11), entendent publier les merveilles de Dieu dans leurs diverses langues. L’irruption de l’Esprit Saint transforme les apôtres et suscite immédiatement l’apparition de charismes : ils se mettent à parler d’autres langues.

Structure du discours de Pierre

Pierre, le chef des apôtres, prend alors la parole devant la foule. C’est le premier discours missionnaire, la première catéchèse de l’histoire de l’Église.

L’attente de l’Esprit Saint

Pierre commence par expliquer ce qui s’est passé à la foule qui s’est rassemblée devant le Cénacle. Il fait référence aux promesses de l’Ancien Testament, notamment celle de Joël (3, 1-2) : « Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit » (Actes 2, 17-18). Pierre proclame la réalisation de la prophétie que Joël avait faite au nom du Seigneur : la promesse de l’Esprit était pour tous, et c’est maintenant qu’elle se réalise. Nous verrons dans l’étape 1 comment le peuple de Dieu a progressivement pris conscience de la Promesse et de son besoin d’un don nouveau, celui de l’Esprit Saint, pour changer son cœur.

Jésus, Seigneur et Sauveur

Inspiré par l’Esprit Saint, Pierre continue son discours. Il ose aborder de front une question que tous ses interlocuteurs connaissent. Ils ont tous été témoins des événements dramatiques qui se sont déroulés cinquante jours auparavant : la condamnation et l’exécution de Jésus de Nazareth. Mais, habité par l’Esprit Saint, Pierre n’a plus peur. Il proclame pour la première fois le cœur de la foi, ce qu’on appelle le « kérygme » : « Hommes d’Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazôréen, […] cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, mais Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres de l’Hadès. […] Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. » (Actes 2, 22-24, 36)

Que devons-nous faire ?

Les paroles de Pierre, inspirées par l’Esprit, touchent le cœur de ses auditeurs. Le texte affirme même qu’ils « ont le cœur transpercé ». Ils demandent alors à Pierre et aux apôtres : « Que devons-nous faire ? » (Actes 2, 37). Pierre répond : « Repentez-vous et que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don de l’Esprit Saint. Car c’est pour vous qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera. » (Actes 2, 38-39).

La première communauté chrétienne

Après le discours de Pierre, une grande foule demande le baptême : « Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s’adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes » (Actes 2, 41). Mais le fruit de la Pentecôte ne s’arrête pas là. Les nouveaux croyants ne restent pas seuls, isolés dans leur coin. Ils forment dès le début une communauté : « Ils se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. […] Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. » (Actes 2, 42 sq.).

Le fruit de la Pentecôte n’est pas seulement la descente spectaculaire du feu sur la tête des apôtres ou l’exercice de charismes éclatants comme le don des langues. Le fruit durable de la Pentecôte est l’édification de l’Église : c’est la communion fraternelle, dans la fidélité à l’enseignement de l’Église, à la vie sacramentelle et à la prière liturgique. C’est aussi le dynamisme missionnaire de toute la communauté. Chaque jour, le Seigneur adjoint à la communauté ceux qui seront sauvés (verset 47). La communauté se trouve donc tournée vers l’extérieur : elle évangélise et elle rayonne.


Pour aller plus loin :

Lectio divina sur la Pentecôte

Nous vos proposons ci-dessous une lecture méditée (lectio divina) du texte de la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres. Elle permettra de l’intérioriser, et de rentrer dans la démarche des disciples.

Le texte de la Lectio divina Pentecôte

 

FAIRE UN DON DONNER