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Nous avons eu la grande grâce d’avoir les reliques de Sainte Margueritte Marie pendant la mission. Elle nous a aidés à apprendre la miséricorde, à la recevoir et à la donner. L’équipe missionnaire comportait 19 personnes : 6 Français (dont 4 prêtres !), une Autrichienne, un couple néerlandais, un Canadien, 9 Américains dont 4 de Gainesville.
Nous avons été reçus avec beaucoup d’enthousiasme par les prêtres et les paroissiens de la paroisse catholique Saint Michel. Ils nous ont vraiment accueillis dans leur communauté, et étaient à nos côtés durant toute la mission, faisant tout leur possible pour nous aider. Le Curé de la paroisse, le Père Fabio Sotelo, a même annulé toutes les activités habituelles de la paroisse pendant la semaine, pour que tout le monde puisse participer à la mission. Le Père Vincent Sullivan et lui ont ouvert les portes du presbytère pour deux des quatre prêtres, ainsi que pour les repas du soir.
Il y a environ 6000 personnes sur la paroisse : 4000 hispanophones, 1500 anglophones et plus de 500 vietnamiens. Le programme initial de la mission prévoyait des activités séparées pour les paroissiens anglophones et pour les hispanophones. Tout le monde aurait été ensemble le lundi et vendredi, mais du mardi au jeudi, les groupes auraient été séparés. Mais le Seigneur avait d’autres plans. Il y a une très grande division entre les anglophones et les hispanophones sur cette paroisse. Il est apparu, après la première soirée, que le Seigneur voulait continuer de rassembler son peuple. Les soirées furent donc ouvertes pendant toute la semaine à l’ensemble des paroissiens, avec un service de traduction dans les deux langues, pour que chacun se comprenne. Comme un grand nombre de paroissiens en ont témoigné, cela signifiait beaucoup pour eux, et ils voyaient déjà un grand changement dans leur communauté paroissiale. Les deux communautés, anglophone et hispanophone, ont dû travailler ensemble pour le succès de la mission.
Les après-midi, les missionnaires firent du porte-à-porte dans le quartier pauvre de Gainesville, principalement occupé par des Mexicains. Beaucoup crurent difficilement que nous étions catholiques, car ils n’en avaient jamais vu faire du porte à porte, mais une fois convaincus, ils nous accueillaient dans leurs maisons, et avec certains, nous avons pu nous asseoir et parler une heure. Beaucoup souffrent de solitude car ils sont en pays étranger, et ils passent toute leur vie à travailler. Il y a aussi le fait que l’immigration illégale est une source d’angoisse pour ces gens. Ils ont peur d’avoir à quitter leurs maisons et, à cause de cela, ils craignent d’ouvrir leurs portes. Quand on leur demande « Iriez-vous à l’église catholique si elle se trouvait en face de chez vous ? », la quasi-totalité répond franchement oui.
J’ai signalé que la plupart des gens visités étaient Mexicains. Ils parlent tous l’Espagnol, mais ne maîtrisent pas forcément bien l’anglais, voire même ne le parlent pas du tout. Fort heureusement, la moitié environ des missionnaires parlaient l’Espagnol, de sorte que nous pûmes faire des duos comprenant au moins une personne parlant l’Espagnol. De mon point de vue, ce fut assez étrange d’être incapable de communiquer avec les gens que j’allais rencontrer, et ce dans mon propre pays. J’ai déjà été en Italie et en France pour évangéliser, et j’avais eu du mal à communiquer à cause de la barrière de la langue, mais je n’aurais jamais cru que j’aurais cette même expérience dans mon pays. Tous les missionnaires des Etats-Unis ont éprouvé ce drôle de sentiment…
Une grande bénédiction de cette mission fut l’énorme participation des paroissiens aux visites en porte à porte. Nous avions fait des bulletins d’inscription pour être en duo avec des missionnaires expérimentés pour aller évangéliser. Nous n’avons tout d’abord pas eu d’inscription, nous avions donc pensé laisser cela de côté. Les deux premiers jours de la mission, quelques personnes sont venues, et le mercredi, il y avait déjà 15 personnes qui souhaitaient venir avec nous. Nous avons eu du mal à y croire. A certains moments, ça devenaient difficile à cause du nombre de personnes qui s’inscrivaient, mais c’était tellement bénéfique, en retour, d’être témoins du désir des paroissiens d’aller en mission avec nous, et de voir leurs témoignages en revenant. Une femme a demandé à Danelle s’ils continueraient à faire du porte-à-porte après la mission, car c’était la chose la plus formidable qu’elle avait faite dans sa vie. Certains paroissiens sont allés évangéliser avec leurs enfants !
Une des équipes d’évangélisation était composée d’un membre français de la Communauté de l’Emmanuel et d’une femme hispanique de la paroisse. Aucun des deux ne parlait le langage de l’autre, ainsi ils ne pouvaient pas communiquer ensemble. Ils pensèrent tous les deux que ce serait difficile d’évangéliser dans ces conditions, mais ils nous donnèrent un très beau témoignage à la fin, et ce fut l’occasion pour eux de découvrir la totalité de ce qu’ils avaient vécu en mission. C’est en soi un très beau témoignage de ce que Dieu peut faire avec des cœurs ouverts. Une femme, à qui une équipe d’évangélisation disait que Jésus l’aimait, s’est mise à pleurer, parce que personne ne lui avait jamais dit cela. Il y a beaucoup d’histoires comme celles-ci, mais je ne saurais toutes les raconter.
Une autre équipe a rencontré des américains tatoués et portant des drapeaux de la Confédérations. Dans un premier temps, cette vue fut terrifiante, quand vous pensez à tout ce que la télévision rapporte sur ce genre de personnes. Mais, outrepassant la peur, avec l’assurance que Dieu était avec nous, l’équipe alla parler à ces jeunes hommes. Tout compte fait, la rencontre a tourné à ce qu’on peut déjà appeler une grande amitié. Ces hommes sont vraiment abîmés par la dépendance à la drogue, la vie dans la rue, des membres de leur famille emprisonnés, certains en liberté conditionnelle, etc, … Et ils ont soif de l’Eau de la Vie. Certains d’entre nous ont pu lier des amitiés avec eux, ce qui, le moment venu, ne pourra que porter de beaux fruits.
Chaque soir, il y avait une heure d’adoration et de confessions avant le début de la veillée. Six prêtres étaient présents pour les confessions, et, du lundi au vendredi, cinq furent occupés par ce ministère de 18H15 jusqu’à 21H30 ou plus. Vraiment, la miséricorde du Seigneur a abondé à cet endroit. Il y a eu un témoignage sur la confession, et beaucoup de gens ont déclaré au prêtre être venu se confesser ce soir-là à cause de ce témoignage.
A la fin de la mission, nous avons rencontré le curé de la paroisse, le Père Fabio, et il n’a pas pu nous dire à quel point il avait apprécié la mission. Il nous a demandé de faire tout ce que nous pourrions pour l’aider à évangéliser sa paroisse, et en faire une paroisse missionnaire, pour qu’ils aillent dans la rue et ramènent les gens « à la maison ». Ce fut très beau.
Jim, le responsable de la maintenance et de l’informatique de la paroisse a été emballé par la mission. Beaucoup de gens ont appelé la paroisse pour demander une mission de la Communauté de l’Emmanuel dans leur propre paroisse. Jim a donc décidé de réaliser une vidéo, en interviewant chaque missionnaire, et quelques paroissiens, sur la mission. Il va en faire un petit film, avec toutes les informations sur les contacts à prendre, et l’envoyer aux paroisses qui ont l’idée de faire une mission !
Nous avons eu aussi des témoignages de prières exaucées pendant la semaine, par l’intercession de Sainte Margueritte-Marie. Un homme avait demandé la guérison de sa sœur, ayant un problème physique. Le jour suivant, elle était guérie. Une autre femme avait demandé la guérison de son mari qui ne pouvait plus marcher depuis quelques temps, à cause d’une jambe abîmée. Elle avait aussi demandé qu’il puisse l’accompagner un soir à la mission. Le vendredi soir, elle se leva et vint donner son témoignage, avec son mari à ses côtés, capable de marcher sans difficultés.
Il y a tant d’histoires à raconter, tant de vie touchées. Ce fut une superbe mission, la première pour moi, et annonciatrice de beaucoup d’autres aux Etats-Unis.
Anne Dickieson
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