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Vous avez été nommé consulteur au conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, en quoi consiste cette mission ? Ce nouveau dicastère a pour rôle de promouvoir la réflexion sur la nouvelle évangélisation, d'aider toutes les composantes de l'Eglise à en intégrer les perspectives, et d'encourager la créativité et les initiatives dans ce domaine. Il veut permettre à toutes les réalités d'Eglise qui y sont engagées de par le monde de se rencontrer, d'échanger, et de développer leur amour de l'Eglise universelle dans la proximité avec le Magistère du successeur de Pierre. Comme son nom l'indique, un "consulteur" est une personne nommée par le Pape, que le Dicastère consulte régulièrement sur les questions de sa compétence. Concrètement, le travail se fera sous forme de réunions occasionnelles, et de travail personnel sur des dossiers que le Dicastère me soumettra (ainsi qu'aux autres consulteurs).
Comment sont choisis les consulteurs ? Je ne connais pas le détail des procédures. Je suppose qu'en ce qui concerne mon cas, a pu jouer le fait que j'enseigne à l'Institut Pontifical Redemptor Hominis et publie sur ces questions depuis plusieurs années déjà. Mon appartenance à la Communauté de l'Emmanuel qui vit l'évangélisation comme une dimension essentielle de son charisme n'est sans doute pas indifférente non plus.
Quel est votre parcours personnel ? Je viens d'une famille chrétienne. Elle a été le terreau principal qui a permis à l'appel du Seigneur au sacerdoce de s'enraciner, quand il s'est manifesté, au cours de mon adolescence. Avant d'entrer au séminaire, j'ai fait des études d'ingénieur à l'Ecole Centrale de Paris. La plus grande partie de mes études sacerdotales se sont passées à Rome, et c'est là que se sont noués les liens qui, plus tard, après 4 ans de sacerdoce, m'ont conduit à entrer dans la Communauté de l'Emmanuel. J'ai exercé le ministère paroissial pendant une dizaine d'années, à Dijon mon diocèse puis à Lyon, comme vicaire et comme curé. Puis en 1998, j'ai été appelé par l'Université Ponficale du Latran à enseigner dans le cadre de l'Institut Redemptor Hominis, spécialisé en théologie pastorale et en doctrine sociale de l'Eglise.
Que peut-on attendre du prochain synode sur la nouvelle évangélisation pour l’Eglise et pour le monde ? La plupart des pays de tradition chrétienne ont connu un processus grave de sécularisation et de déchristianisation ces dernières décennies. La pastorale de nos diocèses et de nos paroisses s'est longtemps appuyée sur une mémoire chrétienne qui jusque dans les années 50-60, était partagée un peu par tous, catholiques ou anticléricaux. Désormais ce n'est plus le cas, et il faut mieux intégrer l'appel au témoignage missionnaire dans la vie chrétienne ordinaire, personnelle et communautaire. Cela implique de trouver les voies de la première annonce à nos contemporains, devenus massivement ignorants de la foi et de leurs racines culturelles. Il est nécessaire aussi de mettre en œuvre "une nouvelle ardeur, de nouvelles formes et de nouvelles méthodes", afin de rejoindre nos frères tels qu'ils sont. Il faut aussi mieux comprendre notre culture présente, la crise qu'elle manifeste, mais aussi les soifs spirituelles qui l'habitent, afin de trouver les voies d'une annonce du Christ qui la rejoigne et la touche. Malheureusement, beaucoup de nos communautés chrétiennes sont encore prisonnières d'anciennes manières de faire qui convenaient à une ambiance de chrétienté, mais qui sont de moins en moins fécondes. Certaines restent aussi dans des débats qui s'expliquaient bien dans l'atmosphère post-soixantehuitarde, mais qui sont désormais un peu hors sujet. On peut espérer que ce synode aide à "passer le cap", encourage la créativité de ceux qui d'ores et déjà travaillent dans cet esprit, et ouvre le cœur de tous à l'urgence de faire connaître l'Amour du Christ et de susciter une nouvelle culture.
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