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La présence d’un cœur d’un saint prêtre au cœur de l’Eglise ne se voulait pas fortuite. En effet, cette année fête le 150ème anniversaire du retour vers le Père du saint patron des curés, Jean Marie Vianney. C’est en lien avec ce jubilé que Benoît XVI a voulu cette année sacerdotale intitulée « Fidélité du Christ, fidélité du prêtre ». En la proposant, l’Eglise désire accorder aux prêtres une importance et une attention spéciale. Elle souhaite leur dire combien elle les aime, les respecte, les admire, bref sa fierté à leur égard. Et de fait, si des prêtres défrayent la chronique et blessent profondément la société, il reste que leur immense majorité (96 %) vivent leur sacerdoce avec fidélité et dévouement dans un véritable esprit de charité pastorale. Comment ne pas en rendre gloire à Dieu ? En mettant le sacerdoce ministériel à l’honneur, l’Eglise exprime aussi sa volonté d’aider les prêtres à vivre avec joie et ferveur leur vocation et leur mission, à prendre conscience de leur identité propre, à se sentir bien dans l’Eglise. Elle veut offrir un an pour redécouvrir et approfondir dans la joie le sacerdoce, sa beauté et sa grâce, son importance et sa nécessité, la valeur et la tâche du ministère pastoral. De cette manière, le Saint Père espère aussi favoriser la « tension des prêtres vers la perfection spirituelle ». Cette année sacerdotale sera donc débordante d’action de grâce, de sollicitude, de réflexion, de prière. Elle sera également l’opportunité de « demander au Seigneur de faire à son Eglise le don de nombreux et saints prêtres ». Déjà, les magnifiques homélies du Pape nous permettent d’approfondir ce qu’est le sacerdoce. Se rappelant sa propre ordination à l’occasion de la messe chrismale, il le décrit comme une consécration par la vérité. Pour lui, la consécration du sacerdoce signifie « être enlevé au monde et donné à Dieu ». Elle consiste en un double mouvement : une sortie du monde et une mise à part pour Dieu, cela pour être donné par Dieu au monde, pour servir les frères à l’image de Jésus qui se consacre pour ses disciples. Tout en commentant la prière sacerdotale dans l’Evangile de Jean (Chap. 17), Benoît XVI souligne aussi que cette consécration se réalise par la vérité. Elle est immersion dans la parole de Dieu qui est vérité. L’importance de la nécessaire imprégnation de la parole de Dieu pour tout prêtre en découle. « Intérieurement, se demande le Saint Père, nous préoccupons-nous de cette parole au point qu’elle façonne réellement notre vie et informe notre pensée ? Ou bien notre pensée n’est-elle pas plutôt sans cesse modelée sur tout ce qui se dit et tout ce qui se fait ? » Cette double question illustre ce que signifie être enlevé du monde. Une vigilance et une purification permanente sont nécessaires. Plus profondément encore, si Jésus affirme que la parole est vérité, il dit aussi qu’il est la Vérité elle-même. Ainsi, le sacerdoce, c’est être plongé dans la Vérité, en Jésus. C’est participer à une vie nouvelle, à son sacerdoce. Etre prêtre « n’est pas autre chose qu’une nouvelle et radicale façon d’être unis au Christ ». C’est entrer dans le don de soi du Christ, partager sa joie et sa croix. C’est donc bien plus profond qu’une simple fonction. Le sacerdoce, grâce imméritée, est en réalité configuration sacramentelle et ontologique au Christ Tête qui se consacre pour nous. Si la configuration au Christ Pasteur est une grâce, elle n’en comporte pas moins des tâches. Parmi celles-ci se trouve, tel un leitmotiv dans la bouche et la plume du successeur de Pierre, la prière. Souvent lorsqu’il reçoit des prêtres, le Saint Père dit: « Les prêtres aussi doivent se rappeler de prier ». Il leur demande d’être toujours, à l’école de la Vierge, des hommes de prière. Cette dernière fait partie du processus par lequel nous sommes plongés dans la vérité, par lequel le prêtre apprend à devenir l’ami du Christ et à le connaître. Prier est ainsi un processus, « un cheminement dans une communion personnelle avec le Christ ». Il s’agit de demeurer en Christ dans la communion à l’Eglise. De là dérive, dit le pape, l’efficacité du ministère. La prière et l’union personnelle avec le Seigneur sont ce qui nourrit la spiritualité du prêtre et lui permet de servir le Seigneur dans ses frères. Parmi les différentes prières, le Saint Père fait remarquer que « la célébration eucharistique est l’acte de prière le plus grand et le plus élevé ». Celui-ci « constitue le centre et la source dont les autres formes reçoivent également la ‘sève’ ». Et de fait, il est l’acte de consécration du Christ lui-même. Une autre tâche de la consécration qui prend sa source en Christ dans la prière est de la traduire en vie. Ce qui est demandé par le Christ, c’est la véritable sanctification. Celle-ci suppose le renoncement, l’acceptation du caractère exigeant de la vérité et la bonté dans l’amour vrai. Sans pour autant qu’il s’agisse pendant cette année de corriger les prêtres, il y a, pour eux, un réel appel à la conversion à être toujours plus authentiquement ce qu’ils sont. Ils sont invités à accorder toujours davantage leur mode de vie à celui du Christ. Ces pensées du Saint Père ne sont que quelques prémices d’une année qui s’annonce riche en grâce. Les mois à venir seront ainsi l’occasion d’un approfondissement théologique et spirituel de l’identité sacerdotale mais aussi de mission pastorale qui ravivera l’élan missionnaire, d’octroi d’indulgences plénières pour les fidèles et particulièrement pour les prêtres. Le désir de l’Eglise est qu’elle soit célébrée amplement dans le monde entier, dans les diocèses, dans les paroisses et chaque communauté locale, plus encore que l’on établisse un véritable programme pour cette année spéciale en chacun de ces lieux. Des congrès seront organisés, des conférences, des semaines théologiques. Mais, par-dessus tout, comme la pensée du Saint Père nous le montre, cette année particulière se veut être une année de prière des prêtres, avec les prêtres et pour les prêtres.
Benoît de Baenst +
Le curé d’Ars Jean-Marie Vianney est mort le 4 août 1859 à Ars à l’âge de 73 ans. 20 ans après sa béatification le 8 janvier 1905, il fut canonisé par le Pape Pie XI et déclaré patron de tous les curés de l’univers le 23 avril 1929. Ordonné prêtre le 13 août 1815, il arrive à Ars trois plus tard et y restera jusqu’à la fin de sa vie, se laissant profondément saisir par la miséricorde de Dieu. Ce curé apparemment sans grande capacité n’a utilisé pour évangéliser que les moyens que tout prêtre a à sa disposition. Parmi ceux-ci, la prière avait une place prédominante : elle était constante. En effet, il avait compris que la conversion de sa paroisse ne dépendait pas de lui mais de Dieu. A la prière s’ajoutait une pauvreté qui impressionnait et un amour particulier des pauvres. Il créa ainsi dans sa paroisse un orphelinat pour les jeunes filles abandonnées et deux écoles. Le père Jean-Marie Vianney donnait aussi une importance particulière au sacrement du pardon sachant fort bien que le véritable combat entre le bien et le mal se joue dans le cœur de l’homme. Il passait vers la fin de sa vie jusqu’à 17 heures dans son confessionnal sans pour autant négliger le catéchisme et la célébration eucharistique.
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