|
Famille Chrétienne du 10 mai
2008
Rendez-vous avec :
Laurent Landete Laïc en mission
Responsable de
la
Communauté de l’Emmanuel en France, il est à pied d’œuvre pour
les sessions d’été de Paray-le-Monial.
Les épaules carrées, la coupe
franche et le regard direct lui donnent l’allure du battant ; le visage lisse
et les lunettes sages, un côté gendre idéal… Il y a sans doute un peu des deux
chez Laurent Landete. Entre deux réunions avec des recteurs de sanctuaire, le
responsable de la
Communauté de l’Emmanuel en France, 43 ans, se livre à
l’exercice du « Rendez-vous » dans un grand bureau où les livres montent
jusqu’au plafond. Nous sommes dans la maison d’accueil de Chezelles, liée au
sanctuaire de L’Île-Bouchard (Indre-et-Loire). Un lieu de halte parmi d’autres
pour ce Bordelais – son accent le trahit –, car l’homme est devenu un peu nomade
depuis son élection comme « délégué du modérateur pour la France », il y a deux ans. De
Paray-le-Monial, dont il dirige les sessions d’été, à Paris, en passant par
Toulon où il visite les membres du Rocher, impliqués dans l’évangélisation des
cités : tous les champs d’activité de la première communauté nouvelle de France
(quatre mille membres) y passent.
«Être au cœur du monde, au cœur de
l’Église. » Ainsi résume-t-il la vocation de la Communauté de
l’Emmanuel, dont il est membre avec sa femme depuis dix-sept ans. « Au cœur du
monde, nous tentons des expériences, comme ce cheminement proposé aux divorcés
remariés à Paray, explique-t-il de son ton posé. Au cœur de l’Église, une
fidélité sans faille à son enseignement. » Une tension que ce vrai missionnaire
tient à vivre pleinement. Sous ses airs discrets, ce passionné d’évangélisation
voit d’un bon œil les expériences de porte-à-porte : « Nous passons de la
pastorale de la cloche à la pastorale de la clochette ! », annonce-t-il en
souriant. Lui-même, dans son métier d’infirmier libéral, n’hésite pas à
échanger en profondeur avec les patients : « Les gens attendent l’Église et les
exigences de sa radicalité ». Pour preuve, il voit un public toujours plus large
se rendre aux sessions de Paray – de vingt-cinq mille à trente mille personnes
sont attendues cet été. Et, pour lui, pas question de se contenter du noyau dur
: « Nous ne sommes pas là que pour rassembler les cathos ! », lance-t-il avec ce
souci brûlant d’attirer des personnes éloignées de l’Église.
En dépit de
ce dynamisme tous azimuts, sa famille reste « la priorité ». Père de six
enfants, dont deux sont atteints d’une maladie génétique, Laurent a à
cœur d’associer son épouse Christel à sa mission. D’ailleurs, c’est avec
femme et enfants qu’il passe la saison d’été à Paray. « C’est une grande joie
d’expérimenter le don ensemble », plaide ce défenseur de la famille, auquel la
fragilisation des couples « donne envie de ne pas dormir » pour annoncer la
bonne nouvelle du mariage. Homme d’équilibre, il a également tenu à garder un
pied dans la vie professionnelle : une journée par semaine, il enfile sa
blouse blanche pour visiter ses patients bordelais. « Pour la crédibilité du
laïc, c’est important de rester en prise avec le monde », explique-t-il. C’est
également une façon de se préparer à quitter sa charge sereinement, le temps
venu. « Attention à ne pas s’identifier à sa tâche… Nous ne sommes que d’humbles
serviteurs. » À la fin de l’entretien, Laurent se demande d’ailleurs s’il a
eu raison d’accepter cette rencontre avec FC. C’est alors le cri du cœur : « Si
j’ai quelque chose à dire, c’est ma joie de servir le Christ ! » C’est retenu,
Laurent. Et c’est contagieux. Cyril Douillet
|