|
La
paroisse aura un avenir à condition qu'elle soit
missionnaire
ROME, Dimanche 27
janvier 2008 (ZENIT.org)
Zenit
- Y a-t-il un avenir pour les paroisses ?
P.
Yves le Saux - Aujourd'hui, dans
diverses régions du monde, certains s'interrogent sur l'avenir des paroisses.
Je pense que la
paroisse reste et restera le lieu majeur et privilégié de la vie de l'Eglise.
Par nature, la paroisse est le lieu où se rassemble la communauté chrétienne.
Elle a pour vocation d'accueillir tous les chrétiens autour de l'Eucharistie,
autour du Christ, entre autre à travers le ministère du curé. La paroisse est le
lieu où tout chrétien, tout baptisé, quelle que soit sa sensibilité, son
charisme propre, va pouvoir vivre et être intégré à la vie
ecclésiale.
Cela dit, le modèle
de la paroisse où le curé est là, au milieu de sa communauté, et disponible à
toutes les personnes qui viennent, n'est plus suffisant. Si un curé veut encore
avoir des brebis, il doit aller les chercher. Aujourd'hui, la paroisse doit se
comprendre comme « territoire missionnaire ». Il me semble que parfois il
faudrait adjoindre au terme paroisse, celui de « territoire missionnaire » pour
que le prêtre et les chrétiens qui vivent dans un lieu précis puissent entrer
dans une dynamique d'annonce de l'Evangile.
Autrement dit, la
paroisse a-t-elle un avenir ? Oui, à condition qu'elle soit
missionnaire.
Zenit
- Quels conseils donneriez-vous à un curé qui a profondément conscience du rôle
évangélisateur de sa paroisse mais qui se sent seul face à ce défi
?
P.
Yves le Saux - Il est clair que
la première exigence de la charge de la mission ne doit pas reposer sur un homme
seul. Il me semble qu'aujourd'hui, la charge de la paroisse ne doit pas être
confiée à un homme seul, mais à une équipe de prêtres qui ont une exigence de
vie communautaire et qui soient préparés à travailler ensemble à la mission.
Mais ce n'est pas
suffisant. Aujourd'hui, un curé doit être entouré de baptisés qui partagent avec
lui le même élan missionnaire. Le prêtre qui se sent seul doit d'abord avoir
l'objectif de s'entourer de personnes qui, non seulement évangélisent avec lui,
mais prient avec lui, réfléchissent avec lui, ont une vie chrétienne avec
lui.
Cela dit, il me
semble qu'il y a une responsabilité des évêques eux-mêmes, qui doivent veiller à
ne pas laisser un prêtre seul. Un homme seul, même s'il est très aidé et doué,
reste limité dans sa fécondité.
Aujourd'hui, le
monde a besoin de témoignages, non seulement d'individus, mais aussi de groupes.
Ce souci ne revient pas seulement au prêtre, mais également aux baptisés qui
doivent entourer leur prêtre et aussi aux évêques qui doivent se soucier de ne
pas laisser leurs prêtres seuls.
Zenit
- Les mouvements ont parfois davantage conscience de l'importance de la nouvelle
évangélisation que les paroisses, mais ils hésitent à s'engager dans les
paroisses car ils craignent de perdre leur identité. Qu'en pensez-vous
?
P.
Yves le Saux - Un mouvement n'est
pas là pour défendre son identité. On voit de plus en plus que des communautés,
des mouvements, mettent leur charisme propre à la disposition de la paroisse.
Cela n'est possible que si les personnes concernées rentrent dans un véritable
sens ecclésial et ne réduisent pas l'Eglise à leur propre expérience, même si
elle est très forte.
La paroisse ne peut
pas être la paroisse d'une communauté, d'un mouvement particulier. Mais la
paroisse peut être le lieu où le charisme d'une communauté, d'un mouvement, peut
être mis en place à condition qu'il ne soit pas exclusif.
Il y a deux
tentations à éviter :
- Celle du curé, à
utiliser les communautés ou mouvements, comme simple objet en utilisant les
personnes sans tenir compte de leur vocation ou charisme propre, ce qui revient
à leur rendre impossible de donner ce que Dieu leur
donne.
- L'autre tentation
est qu'une communauté, un mouvement, utilise la paroisse pour se promouvoir
lui-même.
- Mais aujourd'hui,
des expériences fécondes dans diverses parties du monde existent.
Le Colloque à pour
objet de réfléchir à tout cela et d'évaluer les conditions nécessaires pour que
l'apport des communautés nouvelles puisse se faire et permettre aux paroisses
d'être des lieux missionnaires.
Propos
recueillis par Gisèle Plantec
|