Triduum pascal : 3 questions à un prêtre

Qu’est-ce que le Triduum Pascal ? Pourquoi cette liturgie un peu exceptionnelle dans les jours qui précèdent Pâques ? Le père Dominique-Marie David, recteur de la Trinité des Monts à Rome, nous donne quelques explications liturgiques.

 

Qu’est-ce que le Triduum Pascal ?

Le mot latin « triduum » signifie tout simplement « trois jours » et fait référence aux jours de la Passion, de la Mort, de l’Ensevelissement et de la Résurrection de Jésus. Il commence le jeudi saint au soir avec la Messe de la Cène du Seigneur et se termine avec l’office de Vêpres du soir de Pâques.
Le Triduum pascal est le sommet de toute l’année liturgique puisqu’il fait mémoire (c’est-à-dire « rend actuel ») le mystère de notre salut : par sa Mort et sa Résurrection, le Seigneur Jésus a vaincu le péché, le mal et le pouvoir de la mort et nous a fait le don de la vie nouvelle des enfants de Dieu. Il nous fait passer avec Lui des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie.

 

Quel est le geste liturgique principal de chaque célébration du Triduum ?

Il est difficile de répondre à cette question tant les célébrations de ces jours saints sont riches en rites et symboles.

La Cène du Jeudi Saint ouvre le Triduum et annonce déjà toutes les dimensions du mystère pascal. La structure est identique à celle de toute messe ; elle est toutefois célébrée comme avec solennité et une joie profonde. Pourquoi ? La raison en est donnée dans la prière eucharistique qui précise alors : « la nuit même où il fut livré, c’est à-dire aujourd’hui ». Après l’homélie a habituellement lieu le rite du lavement des pieds : le prêtre fait mémoire du geste par lequel le Christ Serviteur annonce l’abaissement de sa Passion. La Cène se termine par une procession eucharistique et un temps prolongé d’adoration dans un lieu préparé à cet effet.

L’office liturgique de la Passion, le vendredi après-midi ou en soirée est tout à fait original. Il se divise en trois parties :

  • Une liturgie de la Parole qui ouvre immédiatement la célébration et au cours de laquelle est proclamée la Passion selon saint Jean. Elle se conclut par une prière universelle particulièrement développée
  • Une procession et vénération de la Croix
  • La communion au Corps du Christ ; il n’y a pas de célébration eucharistique, mais seulement communion aux hosties consacrées la veille au soir.

Le Samedi Saint, il n’y a aucune célébration liturgique particulière, sauf la Liturgie des Heures.

La Vigile pascale ouvre les célébrations pascales proprement dites et appartient déjà au dimanche.
Elle se déploie en quatre grandes étapes :

  • La liturgie de la Lumière où nous acclamons le Christ ressuscité vainqueur des ténèbres de la mort. Nous le manifestons en entrant en procession dans l’Église à la suite du cierge pascal et en écoutant l’annonce solennelle de la Pâque (Exultet).
  • La liturgie de la Parole où nous veillons dans la prière et l’écoute des nombreuses lectures de l’Ancien Testament qui rappellent les grandes étapes de l’histoire du salut. Après ces lectures et avant d’entendre les textes du Nouveau Testament, nous chantons le Gloria (et nous entendons de nouveau le son des cloches, silencieuses depuis la Cène) puis nous retrouvons le chant de l’Alléluia avant la proclamation de l’Évangile de la Résurrection.
  • La liturgie du Baptême. La vigile pascale est en effet le moment privilégié pour que les catéchumènes reçoivent les sacrements de l’initiation (baptême , confirmation, eucharistie). Ceux qui sont déjà baptisés renouvellent leur profession de foi et sont aspergés d’eau baptismale.
  • La liturgie de l’Eucharistie. C’est le sommet de la célébration : en cette nuit, plus que jamais, nous proclamons la mort du Seigneur Jésus, nous célébrons sa résurrection et nous attendons sa venue dans la gloire.

La messe du jour de Pâques garde la structure d’une messe solennelle. Elle comporte toutefois une particularité : après la deuxième lecture et avant la proclamation de l’Évangile, on peut chanter la Séquence « Victimae paschali laudes », un texte de la Tradition de l’Église évoquant les premiers témoins de la Résurrection. Le cierge pascal demeure allumé dans le sanctuaire (il le restera jusqu’à la Pentecôte) et la messe se termine par l’envoi pascal du diacre (comme il a été fait à la fin de la Vigile et comme il le sera pendant toute l’octave de Pâques).

 

Pourquoi ne célèbre-t-on aucun sacrement le samedi saint ?

Ce n’est pas le seul jour, puisqu’à proprement parler, il n’y a pas non plus de célébration sacramentelle le vendredi saint. Quelle est la signification de cette « pause sacramentelle » ? Elle nous rappelle que les sacrements sont des gestes de Jésus et qu’au moment de sa passion et de sa mort, il ne pose pas d’autre geste que celui de son corps livré, de son sang versé, de sa vie offerte pour nous les hommes et pour notre salut.
Le seul sacrement qui ne connaît pas « d’interruption » est celui de la pénitence et de la réconciliation, manifestant que la porte de la miséricorde reste toujours ouverte.

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