Les prêtres à Fatima : joie et aventure

Quelle flamme anime les prêtres de l’Emmanuel ? A l’occasion de leur rencontre à Fatima, une petite vidéo et une interview d’Henri-Marie Mottin pour répondre à toutes nos questions.

Père Henry-Marie Mottin, quel était votre objectif en vous rassemblant à Fatima durant l’octave pascale ?

Cette rencontre habituelle se déroule tous les ans la semaine après Pâques. Elle rassemble les prêtres de la Communauté de l’Emmanuel, principalement d’Europe. C’est une occasion de prier ensemble, de se retrouver dans un lieu différent d’année en année, et de vivre soit une réflexion sur un point particulier, soit des partages.

Dans quelle ambiance s’est déroulée cette rencontre ?

Après avoir célébré Pâques dans nos paroisses, nos lieux de mission, c’est une joie de se retrouver entre frères prêtres. On parle, on se donne des nouvelles, c’est assez famille. Le cadre de Fatima a aussi forgé l’ambiance, dans le contexte du centenaire des apparitions mariales : une atmosphère priante autour de Marie. Nous étions comme les apôtres avec Marie au Cénacle avant la Pentecôte.

Y-a-t’il un lien entre Fatima et l’Emmanuel ?

La vocation spécifique de chacun des trois voyants après les apparitions est liée à une des trois grâces spécifiques de la Communauté de l’Emmanuel : adoration, compassion, évangélisation. Francesco a reçu une grâce d’adorateur. Il priait beaucoup son chapelet, il adorait le Saint Sacrement. Jacinthe est devenue une réparatrice, elle a eu de la compassion pour les pécheurs. Elle a fait beaucoup de sacrifices pour eux. Lucie, enfin, la seule qui a vécu âgée, a eu une grâce de missionnaire. Elle est restée pour témoigner des apparitions, elle a été l’évangélisatrice.

Qu’est-ce qui fait votre joie d’être prêtre aujourd’hui ?

Je suis profondément heureux d’être prêtre. S’il fallait recommencer, je recommencerais. Il est fidèle à ceux qu’Il appelle.

Ma joie c’est de pouvoir aider des gens à avancer dans la vie avec le Christ de manière raisonnable et avec foi, et pas simplement en réaction à un monde de péché, qui vit dans les ténèbres, l’aveuglement et la violence. Les prêtres n’échappent pas à ces ténèbres. Le sacerdoce est marqué par des structures de péché qui sont un grand scandale parce qu’un prêtre doit porter un message d’espérance, de vie, de sainteté.

Mais il y a quelque chose d’immensément grand dans le Christ et dans l’Évangile. Le prêtre en est le messager. Il doit vivre humblement le sacerdoce. Le message du Christ, très grand, très lumineux, ne lui appartient pas. Il est la lampe qui éclaire nos pas. Si on met la lampe sous le boisseau de nos péchés c’est pathétique pour le monde. C’est pour cela que le monde est si sévère avec les prêtres pécheurs. Un prêtre pécheur c’est dramatique, mais un prêtre pauvre, qui ne sait pas tout faire, ça n’est pas grave. Le prêtre doit être saint. S’il est saint, ses limites humaines ne sont pas problématiques. S’il est bon, s’il rayonne de charité, de la charité du Christ, alors elles seront complètement dépassées.

Ma joie de prêtre, c’est de connaitre mes limites et de m‘en inquiéter beaucoup moins. Les gens ne me suivent pas mais suivent le Christ. Moi je Le donne humblement. Le monde attend que je sois fidèle à le donner.

Ma joie, enfin, c’est de m’appliquer à désirer le Ciel et à y conduire d’autres !

Dans quelle mesure c’est une aventure, une aventure avec l’Esprit saint, et une aventure à l’appel de laquelle on peut répondre ?

L’appel de Dieu, le sacerdoce est une aventure. Quand j’étais jeune, j’ai fait beaucoup de spéléologie, des explorations parfois difficiles, de la montagne. J’aime ces expériences qui font frissonner. Mais quand l’appel de Dieu est venu me chercher alors que je n’y pensais pas du tout, j’ai eu encore plus peur. J’ai pris conscience que la sainteté est une vraie aventure et ça m’a réjoui. C’est une aventure qui est complètement dingue parce qu’elle n’est pas planifiée. C’est très libérateur. Le monde, lui, met toujours dans des schémas, des rôles, alors que suivre le christ sur le chemin de la sainteté quelle que soit sa vocation, c’est partir sur un chemin de liberté beaucoup plus grand qu’on ne pouvait imaginer. Le Seigneur m’a fait vivre une multitude de choses que je n’aurais jamais vécues en suivant mon chemin ordinaire, et en faisant ma vie selon mes plans, même en cherchant des aventures toutes humaines. Je rends grâce à Dieu pour cette aventure.

On compare souvent la suite du Christ à une aventure. Par exemple on dit que le Christ est le premier de cordée, celui qui passe devant, on retrouve ces thèmes de l’aventure humaine dans la spiritualité. On voit des saints vivre des aventures chacun à sa manière. Partir à l’aventure c’est aussi partir à la suite de ceux qui ont l’expérience des terrains, de la difficulté des choses. Partir à l’aventure c’est donc partir à la suite du Christ et en même temps se référer aux anciens, aux sages et aux saints.

Quel est l’avantage pour un prêtre à faire partie d’une communauté comme l’Emmanuel ?

La communauté nous renvoie face à notre ministère sacerdotal : le fait de célébrer les sacrements. Mais également à notre paternité sacerdotale humblement vécue, comme des frères au milieu de nos frères. Nous recevons une grâce de fraternité avec les laïcs, les jeunes, les consacrés. C’est très riche !  Elle renvoie au Psaume 132 « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! »

Qu’est ce qui anime un prêtre, qu’est ce qui le fait se lever tous les matins ?

C’est l’amour du Seigneur et le désir de vouloir aimer. Un soir de Noël, je venais de célébrer la messe de la nuit. J’étais assez fatigué. Célébrant la messe le lendemain, je voulais préparer mon homélie. Mais à 1h du matin, la nuit de Noël, je n’en avais ni l’envie ni les idées pour. A un moment, j’ai senti que le Seigneur me disais « ne parle que d’une seule chose, de mon amour pour les hommes. » Ça m’a apaisé et le lendemain j’ai pu parler simplement de l’amour du Seigneur qui se manifeste dans la Nativité.

Souvent le matin je me dis « je ne me lève pas par devoir, je me lève par amour ». Certes, c’est un devoir d’amour. Le devoir est mu par l’amour, sinon on ne peut pas tenir longtemps et au bout d’un moment on est plus très crédible. C’est un devoir d’amour, à l’égard de Dieu et de ceux vers qui on est envoyés. Mais c’est aussi souvent la joie qui nous anime, celle d’être là avec les personnes et de partager l’amour de Dieu.

Souvent, quand je vois les situations difficiles que vivent nombre de gens, matériellement mais aussi psychologiquement, je me dis « quelle lumière que l’Évangile, quel rocher ! et quelle chance de pouvoir s’abreuver de manière privilégiée à cette source, alors que tant de gens peinent à trouver le sens de leur vie et cherchent des compensations. Nous avons la plus grande raison d’espérer ». Même si ça nous fait passer par des pauvretés ou des situations plus précaires, on est rarement dans la misère, et on est porteurs d’un message qui est extraordinaire.

Des photos de la rencontre à Fatima

Les prêtres de l’Emmanuel rassemblés à Fatima

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