Qu’affirmons-nous quand nous disons « Je crois » ? Interview de JL Moens

Approfondir notre rencontre avec Dieu en découvrant le contenu de la foi, c’est le but du livre « Je crois », réalisé par le Service formation de la Communauté de l’Emmanuel. Interview de J-L Moens.

Pourquoi écrire « Je crois » en parallèle du Catéchisme de l’Église Catholique qui donne déjà les bases de la foi ?

Notre but est de donner une présentation complète et synthétique de la foi chrétienne et catholique. Même si je suggère régulièrement de lire le Catéchisme de l’Église Catholique, c’est une grosse brique que peu de gens lisent de A à Z. Dans « Je crois », le texte est très simple et facile à comprendre, mais il ne développe pas tout. En conséquence, ceux qui veulent approfondir leur connaissances trouvent à la fin de chaque chapitre des citations de Pères de l’Église, du magistère et de saints qui nous expliquent comment ils ont vécu cette foi.

« Je crois » est conçu comme un parcours faisable en groupe. C’est là ou il se différencie du « Catéchisme de l’Église Catholique ». A la fin de chaque chapitre on trouve des questions dont on peut partager les réponses les uns avec les autres. Après un cours, l’un a été marqué par un certain nombre de choses, mais son voisin a été touché par d’autres, du coup le partage de groupe donne une vision très riche. Cette dimension de parcours en communauté est très importante car la foi est une communion et un acte personnel en communauté. Croire c’est entrer dans la communion des saints, dont je fais partie et dont mon voisin fait partie. La foi des autres me soutient, et ma foi soutient celle des autres.

Enfin, ce livre est construit à partir de toute l’expérience accumulée pendant des dizaines d’années par la Communauté de l’Emmanuel pour transmettre la foi.

Qu’en est-il de la dimension artistique ? Pourquoi avoir insisté pour mettre des œuvres d’art dans ce livre ?

C’est la grande originalité de ce livre. Une première approche indispensable de la foi la décrit avec des mots. Elle s’y prêtre d’une manière particulière puisque c’est une construction d’une logique magnifique. La seconde manière d’aborder la foi c’est la contemplation du mystère. Si la description avec des mots distingue les différents mystères, dans la contemplation tout vient ensemble comme dans une image. Les artistes ont fait cela depuis le début de la foi. Ils ont fait des œuvres d’art qui étaient destinés à amener le peuple chrétien à comprendre la foi avec leur regard dans la contemplation.

Partant de là, pourquoi ne pas mettre une œuvre d’art dans chaque chapitre ? Ça n’est pas possible parce que l’artiste, dans sa contemplation, déborde les chapitres, il déborde un seul sujet ! Et donc on a plein d’œuvres d’art qui nous font voir avec nos yeux plein de mystères ensemble et les connexions qui relient ces mystères. Et des yeux ça passe au cœur, plus facilement que de l’intelligence au cœur.

Le Pape Paul VI dans l’encyclique Evangelii nuntiandi a dit que la distance qui se crée entre la foi et la culture est un drame de notre époque. « Je crois » montre combien la culture aide la foi et combien la foi a modelé la culture. Des milliers d’artistes l’ont exprimé d’une manière unique en toutes époques. Pour cela, nous avons voulu ne pas mettre que des œuvres classiques. Par exemple, on a pris Chagall, artiste pas du tout chrétien, qui a fait un tableau sur la création qui nous ouvre une perspective extraordinaire sur l’histoire du Salut.

Un mot à rajouter ?

Ne croyez pas que vous connaissez bien votre foi, il y a toujours plus à savoir. Ce petit livre est justement conçu pour vous aider à aller plus loin. Ce n’est pas un livre statique mais dynamique. Même si vous croyez bien connaitre votre foi aujourd’hui, si vous le feuilletez, vous verrez qu’on peut aller plus loin, que le mystère de Dieu est encore plus profond que ce vous ne croyez.


Pour aller plus loin :

Evangelii nuntiandi – n°20 – Evangélisation des cultures

« Nous pourrions exprimer tout cela en disant : il importe d’évangéliser — non pas de façon décorative, comme par un vernis superficiel, mais de façon vitale, en profondeur et jusque dans leurs racines — la culture et les cultures de l’homme, dans le sens riche et large que ces termes ont dans Gaudium et spes [50], partant toujours de la personne et revenant toujours aux rapports des personnes entre elles et avec Dieu.

L’Évangile, et donc l’évangélisation, ne s’identifient certes pas avec la culture, et sont indépendants à l’égard de toutes les cultures. Et pourtant le Règne que l’Évangile annonce est vécu par des hommes profondément liés à une culture, et la construction du Royaume ne peut pas ne pas emprunter des éléments de la culture et des cultures humaines. Indépendants à l’égard des cultures, Évangile et évangélisation ne sont pas nécessairement incompatibles avec elles, mais capables de les imprégner toutes sans s’asservir à aucune.

La rupture entre Évangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époques. Aussi faut-il faire tous les efforts en vue d’une généreuse évangélisation de la culture, plus exactement des cultures. Elles doivent être régénérées par l’impact de la Bonne Nouvelle. Mais cet impact ne se produira pas si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée. »

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