Éclairages sur le parcours Courage à Paray

Du 1er au 6 août à Paray-le-Monial, s’est déroulé un parcours animé par l’association Courage intitulé « Homosexualité, vivre avec et accompagner ». Une cinquantaine de personnes y ont participé. Rencontre avec le Père Louis-Marie Guitton, responsable de l’association Courage en France, et avec Xavier, un membre de l’association.

Pourquoi vous êtes-vous rapproché de Courage ?

Je désirais trouver des personnes qui vivent la même attirance que la mienne, et qui ont le même désir de suivre Jésus et de vivre en cohérence avec sa parole. A Courage, j’ai trouvé un soutien fraternel, des amitiés désintéressées et un partage en vérité. Je suis édifié par le chemin de chacun et par les merveilles que Dieu accomplit dans leur vie. Depuis que je suis à Courage, je vis une grande libération intérieure et un vrai réconfort.

Qu’est-ce que vous retirez de ce parcours à Paray ?

J’en retire avant tout un plus grand amour ceux qui m’entourent. La grande simplicité et vérité des partages m’a édifié. Je suis émerveillé de voir comment notre désir de chasteté et de sainteté – en un mot notre désir de radicalité – interpelle, bouscule parfois, et touche les personnes. Plusieurs personnes pourtant non concernées par l’attirance homosexuelle (parents, frères et sœurs, amis) ont témoigné avoir été renouvelées dans leur désir de suivre le Christ.

La proposition de l’Église de vivre l’attirance homosexuelle dans le célibat continent est très audacieuse et semble incompréhensible pour beaucoup. Cette proposition n’est-elle pas culpabilisante pour les personnes homosexuelles ?

La proposition de l’Église est tout simplement celle du Christ. La Parole de Jésus, bien que très exigeante, a été profondément libératrice pour moi et je crois qu’elle me conduit au vrai bonheur. Jésus lui-même n’a pas été compris en son temps, et il n’est donc pas surprenant que sur ce sujet (comme sur beaucoup d’autres), l’Église ne soit pas comprise. L’Église ne m’oblige à rien mais m’invite à donner ma vie au Christ. Il n’y a aucune culpabilité là-dedans. Je n’ai jamais vécu l’enseignement de l’Église comme une restriction de ma liberté, bien au contraire. Elle fût la seule à m’offrir un vrai choix, à rebours de la pensée unique qui veut qu’une personne ayant une attirance homosexuelle doive nécessairement la « pratiquer » pour être heureuse.

Certains semblent s’inquiéter de la liberté de conscience et du bonheur des personnes ayant une attirance homosexuelle et qui veulent vivre ce qu’enseigne l’Église. Je voudrais juste leur rappeler qu’attirance homosexuelle ne rime pas avec imbécillité. Nous sommes capables de faire nos propres choix en conscience – choix qui n’engagent que nous au demeurant -, et nous aimerions être respectés dans nos choix et ne pas être insultés ou méprisés à cause de ces choix.

Xavier, membre de l'association Courage

Interview du Père Louis-Marie Guitton

Quelle est l’intuition de ce parcours d’été ?

Ce parcours s’adresse aux personnes qui vivent une attirance homosexuelle, ainsi qu’à des familles dont l’un des membres est concerné. Il veut exprimer la sollicitude de l’Église pour ceux qui ressentent une attirance homosexuelle en les invitant « à la maison ». Ils y trouvent l’amitié authentique et une communauté ; un chemin pour découvrir son identité à la lumière du Christ.

Ces personnes ont souvent le sentiment d’être rejetées par l’Église. Dans notre parcours, il s’agit de redire que Dieu nous aime, indépendamment de nos inclinations sexuelles. L’Église, non seulement ne rejette pas ces personnes, ne les juge pas, mais les accueille avec respect et délicatesse.

Que proposez-vous concrètement aux participants ?

Il s’agit en quelques sortes de répondre à l’invitation de Jésus dans l’Évangile : « Venez vous reposer. » Ensemble, relire son parcours avec ses richesses, ses joies, ses difficultés, ses blessures, à la lumière du Christ. Nous sommes accueillis dans une session de la Communauté de l’Emmanuel, où le principe est de se mettre à l’école du Cœur de Jésus. On alterne les temps de louange, la célébration de la messe, des temps d’enseignement et de partage. Nous avons des temps avec la grande session, c’est important car nous sommes au cœur de l’Église, puis entre nous pour échanger.

Certains accusent courage de proposer une pastorale de conversion ou même de guérison, qu’en est-il ?

On vient d’abord pour expérimenter la miséricorde de Dieu, dans sa situation. On ne demande à personne son état de vie : Jésus accueille tout le monde sans exiger d’abord de se « mettre en règle ». On doit comprendre l’appel à la conversion, qui concerne tout le monde, comme une invitation à se tourner vers le Christ, à se laisser aimer par lui tel que l’on est, et à écouter sa parole.

La guérison dans l’Évangile n’a pas d’abord un sens thérapeutique, mais théologique. C’est ma vie qui change lorsque je rencontre Jésus. Courage n’est en aucun cas un parcours thérapeutique de changement d’orientation sexuelle.

Quel est vraiment votre objectif ?

La session Courage, c’est un peu l’Église qui désire rencontrer les personnes là où sont leurs souffrances et leurs difficultés, qui encourage à la sainteté et redit la dignité d’être enfant de Dieu. La fraternité et les partages d’expériences personnelles sont une aide précieuse pour que chacun puisse découvrir que Dieu l’aime tel qu’il est et trouver sa place dans l’Église.

Si on ne choisit pas son orientation sexuelle, on peut en revanche choisir un chemin de sainteté. Les personnes homosexuelles aussi ont le droit de suivre le Christ jusqu’au bout. Elles sont aussi appelées à l’amitié avec Jésus qui leur fait découvrir la beauté et la vérité sur l’amour. Cela implique de découvrir la chasteté comme un chemin de liberté offert à tous. Ce choix proposé par l’Église est un choix libre qui repose sur la fidélité aux paroles du Christ. On n’annonce pas d’abord la continence, mais Jésus-Christ !

L’Évangile est une Bonne Nouvelle destinée à tous. Ceux qui désirent vivre la chasteté, qui sommes-nous pour les juger ?

Quels fruits voyez-vous à ce parcours ?

Ce parcours est conçu comme une semaine de retraite, en lien avec l’apostolat Courage. Les temps d’écoute, d’échanges et de prière permettent de se réconcilier avec son histoire, de trouver un peu de réconfort dans de vraies amitiés, de tisser des liens fraternels et de découvrir un visage joyeux de l’Eglise. C’est un temps précieux pour souffler et reprendre des forces. Ce sont les visages qui parlent le mieux : ils montrent combien de poids ont été déposés, de douleurs ou d’angoisses apaisées. Beaucoup reprennent courage ; ils repartent soulagés et plein d’espoir.

L’Église est-elle suffisamment ouverte aux personnes homosexuelles ? Ne doit-elle pas évoluer ?

Il y a encore de grands efforts à faire pour que l’Église soit aussi accueillante qu’elle le devrait. A vrai dire, elle a besoin d’une véritable conversion : on peut être très blessant quand on ignore tout d’une question aussi sensible que celle de l’homosexualité. Il y a encore de nombreux préjugés à combattre pour qu’un regard neuf et fraternel puisse être posé sur les personnes qui ont une attirance homosexuelle qu’elles n’ont pas choisie. Pour certains chrétiens, on a l’impression qu’elles seraient plutôt un problème à résoudre plus que des frères à aimer… Il faut toujours un effort pour essayer de comprendre ce que l’autre vit et ne pas prétendre que l’on a réponse à toutes les questions.

Combien de chrétiens savent vraiment que Les personnes qui vivent l’attirance homosexuelle éprouvent très souvent des sentiments de honte et de culpabilité. On ne mesure pas assez la souffrance de ceux qui sont concernés ; souffrance personnelle souvent, souffrance familiale parfois, souffrances liées à l’isolement, aux moqueries ou discriminations. Mais il ne s’agit pas pour nous d’entrer dans un combat militant ou bien de convaincre les personnes.

Bien sûr, il y a aussi des blessures liées à l’Église, qui n’est pas aussi accueillante qu’elle le devrait. On ne doit jamais rejeter une personne en raison de ses comportements. Le Christ accueille toujours la personne de manière inconditionnelle. Rappeler les exigences de la Parole de Dieu fait partie de la mission de l’Église et doit se faire avec délicatesse et en respectant les consciences.

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