Bienheureux Marie-Eugène & Pierre Goursat : un colloque ouvert à tous !

Le 4 février 2017 la Communauté de l’Emmanuel et l’Institut Notre-Dame de Vie organisent un colloque ouvert à tous autour de deux figures spirituelles : Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, nouveau bienheureux, carme, fondateur de l’Institut Notre Dame de Vie et Pierre Goursat laïc, fondateur de la Communauté de l’Emmanuel.
Rencontre avec le Père Louis Menvielle, vice-postulateur de la cause du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, intervenant au colloque.
agenda

D’où vient l’idée de faire un colloque sur deux figures de vie chrétienne du XXe siècle qui semblent aussi différentes ?

L’idée du colloque est venue de la découverte des ressemblances très profondes entre Pierre Goursat et le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus. En particulier, ce qui m’a frappé personnellement, c’est non seulement la place de l’Esprit Saint mais aussi celle de la petite Thérèse dans la vie de Pierre Goursat.
L’ouverture à l’Esprit Saint unit fortement l’Institut Notre Dame de Vie et l’Emmanuel, parce que Pierre Goursat comme le Père Marie-Eugène ont été des hommes livrés à l’Esprit. Cette docilité à l’Esprit Saint les rend apôtres dans l’Église pour réaliser l’œuvre de l’Esprit Saint aujourd’hui, chacun avec son charisme propre… Mais on voit bien que c’est la même sève !
La spiritualité de Pierre est profondément empreinte de l’enfance spirituelle, de petitesse, de confiance, de charité. Cela le rapproche beaucoup du Père Marie-Eugène.
Nous avons aussi constaté que l’enseignement du Père Marie-Eugène correspond profondément à ce qui est vécu dans l’Emmanuel : l’oraison et l’adoration, la manière de vivre et d’agir sous l’action de l’Esprit Saint, l’importance de la mission, de l’évangélisation.

N’est-ce pas étonnant de réunir dans une même réflexion un prêtre et un laïc qui ont chacun vécu pleinement leur état de vie propre ?

C’est vrai qu’on peut s’étonner : Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, prêtre, carme, définiteur général, vicaire général de l’Ordre du Carmel, et Pierre Goursat, laïc, extrêmement discret… ce sont des personnalités très différentes du point de vue humain. Et pourtant, ce qui les unit, c’est d’avoir été saisis par l’Esprit Saint et d’avoir tout donné à l’Église. À mon avis, ils sont tous les deux de grands fondateurs du XXe siècle, en parfaite correspondance avec le Concile Vatican II, car en parfaite communion avec l’Église. Ce que je note chez Pierre Goursat, c’est son charisme de discernement ecclésial. S’il est vrai que le Père Marie-Eugène, qui a été béatifié le 19 novembre 2016, est reconnu comme un saint d’envergure – il a été béatifié le 19 novembre 2016 – , je pense pour ma part que Pierre Goursat, précisément avec sa discrétion et sa petitesse toute thérésienne, a aussi l’envergure d’un grand saint. La fécondité de son œuvre le prouve assez : « vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits » (Mt 7,16).
Vous avez raison de souligner que l’un est prêtre et l’autre laïc. C’est d’une grande signification. On voit là la richesse de l’Église. La réunion de Marie-Eugène et de Pierre, d’un prêtre et d’un laïc, met en valeur le passage de Lumen Gentium 10 sur les deux sacerdoces, baptismal et ministériel, qui sont ordonnés l’un à l’autre. Un des défis de l’Église d’aujourd’hui est de pouvoir donner toute leur place au sacerdoce baptismal et au sacerdoce ministériel, sans privilégier l’un au dépend de l’autre. Et nous avons ici deux témoins : le Père Marie-Eugène qui est tellement prêtre au sens ministériel et Pierre Goursat tellement laïc, c’est-à-dire enfant de l’Église, baptisé… et tous deux sont fondateurs d’une communauté qui rassemblent des prêtres et des laïcs ! Cette complémentarité entre prêtres et laïcs est structurelle pour l’Église et elle s’éclaire dans l’unique personne du Christ, à la fois Fils de Dieu (c’est l’aspect baptismal) et Tête de l’Église (c’est l’aspect ministériel).
Il faut ajouter un autre point essentiel : Marie-Eugène et Pierre étaient centrés sur la mission. Ils avaient tous les deux ce sens aigu de l’union de la contemplation et de l’action, de l’adoration et de l’évangélisation. Ils l’exprimaient de manières différentes, mais c’est la même réalité. Ce que le père Marie Eugène aurait appelé « contemplation, miséricorde, action », Pierre l’appelait « adoration, compassion, évangélisation ». On est au même registre avec des personnalités différentes, mais dans le fond, c’est le même grand courant de l’Église.

Le colloque se déroulera à Paris le 4 février 2017. C’est une date symbolique ?

La date a été choisie un peu par hasard, pour des questions d’agenda. Or le 4 février est la date inscrite dans le calendrier liturgique de l’Église pour célébrer le père Marie-Eugène, parce qu’elle est l’anniversaire de son ordination sacerdotale, le 4 février 1922. Les témoins de sa vie ont souligné comment le sacerdoce leur apparaît être la caractéristique essentielle de sa physionomie spirituelle.
Les personnes qui viendront au colloque que nous organisons auront dont la joie de participer d’une manière toute spéciale à la première célébration liturgique du bienheureux Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, dans un lieu parisien hautement symbolique aussi : la chapelle dédiée à sainte Thérèse de Lisieux chez les Apprentis d’Auteuil.

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