Alphonse Gilbert, l’audace d’une vie dans l’Esprit

Alphonse Gilbert, un prêtre à la vie pleine d’aventure, est un des accompagnateur des débuts de la Communauté de l’Emmanuel. « Aventurier de l’Esprit Saint » raconte à la première personne les rebondissements de cette vocation hors du commun. Aperçu et bonnes feuilles de ce récit passionnant paru aux Éditions de l’Emmanuel.

La vie d’Alphonse Gilbert pourrait s’intituler « Indiana Jones et le temple du Saint Esprit », tant elle se déroule comme un roman d’aventure. Le livre qui la rapporte, « Aventurier de l’Esprit Saint », est le fruit de longs entretiens avec ce missionnaire aux multiples casquettes. Les péripéties de ce prêtre nous font peu à peu découvrir une personnalité pleine d’humour et de tendresse. Il conjugue à ses voyages des périples intérieurs qui sans qu’on y prenne garde, nous enseignent spirituellement.

Des aventures, il en vit tant qu’il est impossible de les résumer en quelques lignes. Appelé au sacerdoce des l’enfance il s’embarque dès 12 ans pour la métropole ou il suivra son séminaire. Ordonné prêtre il est envoyé en mission aux 4 coins du monde, de Guinée en Haïti en passant par les indiens du Canada. Ce prêtre est aussi un directeur spirituel hors pair. Fondateur de séminaire et directeur de maison de retraites spirituelles il est également ami de Pierre Goursat, fondateur de l’Emmanuel qu’il accompagne dans les débuts de cette communauté.

Son père lui demande une courte prière à dire lorsque il est occupé. «– C’est simple, papa. Tu dis : “Merci mon Dieu pour tout.” C’est la plus belle prière et elle n’est pas compliquée.»

Découvrons en exclusivité quelques extraits des aventures du père Alphonse Gilbert.

Sa première assemblée est constituée des marins du navire qui le raccompagne à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il connaît bien ces hommes qu’il a côtoyé sa jeunesse durant et touche leurs cœurs

« Ce jour-là, je célèbre ma première messe devant une assemblée. À toute allure. Sans homélie. Je souhaite descendre de cette installation au plus vite !
Quand je le fais enfin, les marins sont mécontents. Je le lis sur leur visage. « Une messe sans sermon ni quête, curé ? Ce n’est pas une messe ! » me disent-ils. Alors, je leur ouvre mon cœur. Je leur dis : « Mes chers amis, Dieu vous bénit en ce jour et vous remercie d’avoir désiré l’Eucharistie. Vous êtes ses grands amis. Les disciples de Jésus n’étaient-ils pas des marins comme vous ? Oui, Jésus connaît les peines de votre dur labeur. Il vous rejoint au cœur même de votre souffrance pour lier une relation privilégiée avec chacun de vous à bord. »
Tous sont très émus. Ils retirent leurs casquettes en signe de recueillement. Je connais un peu les marins. Mon père a les mêmes mains calleuses et usées par le travail. À travers mes paroles, Dieu touche leurs cœurs ce matin-là. »

 

Alphonse Gilbert est un vrai père auprès des séminaristes. Au séminaire clandestin de Kindia, il a sa méthode bien propre à lui pour mener ses brebis et apaiser les conflits

« Comment Jésus a‑t‑il fait ? Il a d’abord aimé. L’amour est toujours premier. Qui se destine à devenir prêtre doit prendre Jésus pour modèle.
« Ce qui compte, dans les jours que nous allons vivre ensemble, c’est d’aimer, dis-je à mes séminaristes rassemblés. Je vois que vous êtes tous généreux et fervents, vous ne seriez pas là sinon. Vous êtes courageux. Je sais que vous êtes en danger, vos familles aussi. Notre force est dans la prière. » Je conduis toujours ainsi ma pédagogie. Bien sûr, je sanctionne les copies et fais passer les examens, mais mon attitude première est toujours bienveillante. D’abord, je les aime et je laisse l’Esprit Saint faire son œuvre.
Durant ces années, nous vivons la grande aventure de l’amitié avec Jésus. Je suis leur père, je leur fais confiance. Quand un problème survient – certains ont mauvais caractère et se disputent –, je ne les punis jamais. Je les envoie à l’église prendre un temps avec Jésus pour l’écouter. C’est tout. […] Je leur apprends ainsi la certitude de l’amour inconditionnel de Jésus. »

Alphonse Gilbert, n’est pas seulement un missionnaire-aventurier. Il est également un conseiller spirituel. Dans ce cadre, il rencontre providentiellement un jeune groupe qu’il va accompagner dans ses débuts : la Communauté de l’Emmanuel

« Ma rencontre avec Pierre Goursat
À la fin de mes deux premières années comme directeur de la maison de Chevilly-Larue, je suis fatigué. Je me donne sans compter dans mon ministère, j’ai déjà beaucoup voyagé et j’ai besoin d’une pause.
Nous sommes à l’été 1972, ce sont les vacances scolaires et les séminaristes sont chez eux. À la sortie d’une église, une affiche présentant le Centre de La Hublais, à Rennes, attire mon attention. Le lieu me semble magnifique. Ce centre propose des retraites tout au long de l’année, et même des longues retraites d’un mois. C’est exactement ce qu’il me faut ! Après six ans de ministère, la congrégation nous donne le droit de faire une retraite de trente jours. Je m’inscris donc et prends soin de bien cocher la case « solitude » sur mon formulaire d’inscription. Je vais enfin faire une grande pause silencieuse et solitaire avec le Seigneur…
Arrivé à La Hublais, je goûte à la joie d’une première journée complète en silence. Les religieuses m’ont installé dans une des plus belles chambres de la maison. Il y a même l’adoration nocturne… Je suis au paradis ! Mais voilà que, dès le premier soir, quelqu’un m’aborde et me demande : « Êtes-vous le père Gilbert ? Savez-vous que vous êtes dans notre groupe ? » Ce monsieur doit faire erreur : j’ai demandé à faire une retraite seul. « Regardez, reprend-il, nous sommes placés par ordre alphabétique. Je m’appelle Pierre Goursat, vous êtes donc à côté de moi. Vous devez venir avec nous. » Immédiatement, je pense : « Ma retraite va être gâchée… Ils vont me demander de les accompagner. » Et pourtant, Jésus, une fois encore, me montre que je ne peux pas refuser.
Ce monsieur, Pierre Goursat, m’entraîne donc à la veillée de son groupe, au pied du Saint-Sacrement exposé. Des prières spontanées jaillissent des cœurs des fidèles réunis. C’est superbe ! Je découvre pour la première fois le Renouveau charismatique de l’Église. Il y a longtemps que j’en entendais parler dans notre consortium, mais jamais je ne l’avais vu. Nous louons Jésus toute la soirée. Quel bonheur !
Pierre me propose de revenir le lendemain. J’accepte, bien sûr ! Il m’invite à participer à la prière avec les autres en prenant la parole, moi aussi. Puis il me dit : « J’ai discerné, père : vous devez nous partager ce que vous vivez. Vous n’avez pas le droit de garder cela pour vous. C’est pour nous que Dieu vous a donné tant de trésors ! » Ce n’est pas la première fois que j’entends cela. Lorsque j’étais aux États-Unis, au cours d’une retraite que je prêchais, une religieuse m’avait envoyé une lettre me demandant d’ouvrir mon cœur et de « laisser sortir les trésors que Dieu y avait mis ».
« Je vous rappelle qu’au livre de Tobie, l’archange Raphaël dit qu’il ne faut pas divulguer le secret du Roi, lui dis-je.
– Mais il dit qu’il faut révéler les merveilles de Dieu ! Tu oublies cela, Alphonse ! » 1
Pierre me donne une sacrée leçon, ce soir-là ! Avec une certaine autorité et sa manière bien à lui d’entrer en relation, il m’enseigne le partage spirituel. À travers lui, c’est Dieu qui m’appelle.
À partir de ce moment-là, Pierre me tutoie et une grande amitié germe entre nous. Cette rencontre est inoubliable pour moi. Je rencontre le petit groupe de prière qu’il a démarré avec Martine Catta. Je jubile ! Je fais une très belle retraite.
Après la retraite, je reste en contact avec Pierre. Il est critique de cinéma et vit à Paris. Un jour, il m’appelle pour prier avec lui dans l’église de la Cité universitaire et me confie le secret de la fondation de la Communauté de l’Emmanuel. Nous échangeons beaucoup et je l’aide à discerner.
À chaque étape vraiment importante, il m’appelle et je l’aide à discerner telle ou telle décision. Je n’interviens pas dans sa vie – par exemple, je ne suis jamais allé sur la péniche, qui sert de quartier général à la Communauté –, mais nous restons très proches, Pierre et moi.

1. « S’il est bon de tenir cachés les secrets d’un roi, il faut révéler les œuvres de Dieu et les célébrer comme elles le méritent. » (Tb 12, 7).

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