XVe Journées de bioéthique à Paray-le-Monial : La belle mission de manifester la vie !

Cette année, les journées de bioéthique proposaient le thème « Discerner et agir en vue du bien de tous ». Elles ont rassemblé plus de trois cent participants, pour écouter des intervenants comme Pierre-Yves Gomez, Roseline de Romanet, ou encore Monseigneur Olivier de Germay. Elles ont été aussi un temps de rencontre et de conversion.

Malgré la grisaille de ce mois de novembre, les visages rayonnent et les conversations vont bon train. Les motivations des participants sont diverses : répondre à des questions personnelles, réfléchir sur des problématiques professionnelles, ou simplement venir parce qu’un ami les a invités. Pendant 48 heures ils se forment avec des intervenants à la pointe dans leur domaine, se remettent en question et échangent…
« Je suis venue tout d’abord parce qu’à chaque fois que je suis à Paray-le-Monial, je vis des choses très fortes. Mais aussi parce que je veux m’engager comme bénévole en soins palliatifs » explique Myriam, 56 ans. Pour son amie Virginie, pédiatre en réanimation néo-natale, les motivations sont différentes : « Dans mon métier je rencontre des situations qui me mettent en difficulté sur le plan éthique. L’objection de conscience me touche. Je suis venue pour me former et aussi pour puiser, dans la vie communautaire, la force d’être objecteur. »

Je suis allée écouter notamment le parcours sur la méthode Billings avec beaucoup d’a priori. Je me disais que ce n’était pas pour moi. Les animateurs m’ont fait complètement changer d’avis ! Ils sont ancrés dans le réel. C’est tellement beau ce qu’ils ont expliqué, c’est une autre vision de l’amour, qui donne toute sa place à la tendresse et à l’attention à l’autre. J’ai envie de faire mon métier pour apporter ma pierre à l’édifice. Faire de la médecine de manière éthique. Tout m’a donné envie d’agir !Camille (étudiante en 3ème année de médecine à Bordeaux)

« La bioéthique n’est pas synonyme de médical, ça touche tout le monde », explique Bruno Pialoux, médecin et responsable avec son épouse, Madeleine, de ces journées. A travers les thématiques des conférences et parcours (économie, fin de vie, couple, objection de conscience), on comprend que la bioéthique touche aussi chaque dimension de la vie.
« Je ne travaille pas dans le milieu médical, mais je suis très heureuse de participer à ces journées de bioéthique parce qu’on parle de la vie en général. Ça fait du bien de dire « Oui à la vie », de ne pas être dans une culture de mort », rapporte Clarisse, dessinatrice industrielle, qui participe pour la première fois à cet événement.

Se convertir, être consolé

Ces journées sont aussi un lieu de réconfort et de conversion. « Les combats sont rudes, et il y a beaucoup de souffrance, des personnes sont déstabilisées dans leurs pratiques. Paray-le-Monial est aussi un lieu de consolation », constate Solène. Dans ce lieu où sainte Marguerite-Marie a reçu la révélation du cœur brûlant d’amour de Jésus, chacun peut goûter la Miséricorde de Dieu, se laisser toucher et convertir.
Pour conclure, Monseigneur de Germay invite les participants à l’action : « N’ayez pas peur de vous jeter dans ce combat, vous n’avez pas à vaincre, mais à être des lumières ! Nous avons la belle mission de manifester la vie ! »

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Questions à…

Sophia Kuby, directrice du bureau d’ADF* internationale auprès de l’Union Européenne, qui animait un parcours sur l’influence du droit international dans les décisions de bioéthique et sur la communication des sujets de bioéthique dans le débat public.

Pourquoi cet atelier sur la communication ?

Souvent, les gens se sentent mal à l’aise quand il s’agit d’expliquer notre point de vue – un point de vue chrétien – sur les questions de la vie. Ils pensent que le fait d’exprimer ses idées est agressif, et qu’on ne peut que perdre. Alors comment faire pour faire passer notre message de manière crédible, calme, claire et audible ? Comment être à l’aise au milieu de l’hostilité ? Et comment faire passer ce message dont le monde a besoin, qui rejoint des désirs profonds de tout être humain, et qu’il ne trouve pas ailleurs ? On a une responsabilité énorme.

Pouvez-vous nous donner quelques clés de communication ?

Dans les débats actuels de bioéthique, les termes « amour », « liberté », « dignité » sont trop souvent détournés de leur sens premier. La majorité des gens pensent que l’Eglise est contre la vie, l’amour, la liberté, et n’apporte qu’un corset moralisateur qui, par ailleurs, n’intéresse plus personne. Et en effet, nous chrétiens, nous avons tendance à nous placer en opposition. La clé pour une communication réussie, c’est d’être solidaire avec notre interlocuteur : « Nous recherchons tous la même chose. En revanche, notre réponse est différente. Nous devons proposer une vraie alternative. »

*ADF internationale : Alliance Defending Freedom

 
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